Les parties signataires de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali que sont le gouvernement ainsi que les groupes politico-militaires de l’Azawad ont été appelés, hier, depuis la tribune de l’ONU à «arrêter tout acte de violence et d’hostilité». Le message, adressé par le vice-secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson, lors d’une réunion ministérielle consultative sur le processus de paix malien, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, a particulièrement insisté pour englober «toutes les parties signataires de l’Accord de paix».

Depuis l’été dernier, des affrontements récurrents ont lieu entre des groupes de l’Azawad, dont certains progouvernementaux, les uns et les autres dénonçant une violation du cessez-le-feu et la mise à mal des efforts pour un dialogue intermalien inclusif qui s’était déroulé durant plusieurs mois sous la conduite de l’Algérie, chef de file de la médiation internationale. En présence du ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et du ministre d’Etat, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, M. Eliasson a regretté que «l’application de l’Accord de paix ait été retardée par de récentes offensives, dans lesquelles les mouvements politico-militaires issus de la plateforme et de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) étaient parfois impliqués». «Les participants à cette réunion (…) doivent envoyer un message fort aux parties signataires, surtout aux mouvements politico-militaires (qui) doivent renoncer à toute action qui violerait l’accord et le cessez-le-feu», a-t-il insisté, en allusion aux violents combats qui opposaient les groupes cités dans le nord de Tessalit, près de la frontière algérienne. C’est pourquoi M. Eliasson a appelé les différentes parties à s’engager pour le règlement de «leurs différends» dans le cadre des mécanismes prévus par l’Accord et à en appliquer les dispositions relatives à la défense et à la sécurité. Il s’est fait l’écho de la détermination de l’ONU à faire progresser l’application de l’accord de paix, et d’annoncer la tenue d’une conférence pour le développement du Mali qu’abritera Paris le 22 octobre prochain. Mais sur le terrain, il n’en demeure pas moins que le «problème majeur» du Mali reste le narcotrafic qui nourrit le conflit et entrave l’application du processus de paix. C’est le constat du chef de la diplomatie, Abdoulaye Diop, qui suggère ne pas ignorer cette question et «combattre les narcotrafiquants». «Sinon, nous ne réussirons pas à avoir une paix durable au Mali», a-t-il averti.