Après les deux joutes amicales de décembre, les choses sérieuses recommencent pour l’Equipe nationale. Une double confrontation face à la Tanzanie, comptant pour l’avant-dernier tour des qualifications pour le Mondial-2018 en Russie, qui devrait permettre d’établir un diagnostic plus précis sur l’état de notre sélection. Le premier acte se jouera cet après-midi (14h30) à Dar Es Salem, en attendant la seconde manche prévue mardi (19h15) au stade Mustapha-Tchaker de Blida.

«Important», « crucial » et « capital », des mots qui sont revenus souvent pour parler de ce « fatidique » mois de novembre. On ne pourra pas dire qu’il soit maudit pour les Fennecs, mais force est de constater que, cette fois, les choses ne se présentent pas sous les meilleurs auspices. Des absences importantes (Brahimi, Soudani et Feghouli), un entraîneur constamment annoncé sur la corde raide et un groupe qui doute après les dernières sorties peu convaincantes, le match contre les Taifas Stars devient un véritable écueil psychologique à surpasser. Au pied du Kilimandjaro, les poulains de Christian Gourcuff devront faire attention et bien choisir où mettre les pieds pour une escalade « dangereuse », si l’on se fiait à la tendance qui présente les Tanzaniens comme un foudre de guerre. Le sont-ils vraiment ? Pas forcément lorsqu’on compare les effectifs des deux sélections. Sur le papier, Ramy Bensebaïni pourrait faire son baptême du feu avec les A qui partent cet après-midi assez largement favoris. Seulement voilà, les Etoiles du Kilimandjaro pourraient mettre à profit le fait que les visiteurs traversent une mauvaise passe. Un véritable trou d’air à exploiter pour les camarades de Mbwana Samatta que la presse s’évertue à qualifier de « véritable menace » pour l’arrière-garde DZ. Mais est-ce qu’une défense qui a affronté les plus redoutables attaquants mondiaux d’Eden Hazard (Belgique) à Thomas Müller et Mario Götze (Allemagne) en passant par Alexandre Kokorine (Russie) et Son Heung-min (Corée du Sud), doit redouter le longiligne avant-centre du TP Mazembe qui n’a scoré que deux penalties en finale de la Ligue des champions CAF ? On serait certainement tenté de répondre « non », même s’il a terminé meilleur buteur de la compétition (7 réalisations), s’adjugeant le sacre avec le team congolais au bout. Avant d’en arriver là, l’adversaire du jour pour les Combattants du Sahara s’est défait du Malawi. La bande à Charles Boniface Mkwasa s’était mise à l’abri en s’imposant, à Dar Es Salem, sur le score de 2 buts à 0, avant de perdre petitement (1-0) chez les Flames à l’occasion du match retour.

Retrouver la brillance face aux Taifas Stars
On ne pourra donc pas dire que les Tanzaniens aient déroulé lors de cette sortie face à une modeste sélection africaine. En outre, la 135e nation du dernier classement Fifa n’a remporté qu’une seule de ses quatre dernières sorties officielles (1 nul et un revers en qualifiers de la CAN-2017 et un succès et une défaite en éliminatoire du Mondial-2018). Le stade Benjamin-Mkapa est, par conséquent, loin d’être une citadelle imprenable. En tout cas, nos Mondialistes ne se rendent pas sur les lieux en victimes résignées, affichant une grande détermination pour ramener un bon résultat de ce voyage. « C’est vrai que l’équipe souffre de plusieurs absences de taille. Mais je pense qu’avec beaucoup de volonté et d’abnégation, on pourra décrocher un résultat positif, en prévision du match retour. C’est un match important, il faudra bien négocier ce match aller avant de penser au match retour qui sera, lui aussi, d’une grande importance pour la qualification en Coupe du monde », a reconnu le milieu de terrain Saphir Taïder. De son côté, Hichem Belkaroui sait que lui et ses compères ne doivent « pas se louper » s’ils veulent dissiper les incertitudes avant le second acte à Tchaker. Pour se rassurer, on notera le retour de Raïs M’bolhi. Le dernier rempart du Club Algérie est l’un des trois rescapés (Medjani et Guedioura) de la dernière escale en terre du Zanzibar un certain 3 septembre 2011. Sa présence dans la cages devrait apporter de la sérénité. La tranquillité, c’est ce que recherche notre EN avec un driver qui voit son statut s’effriter depuis quelques mois auprès des médias et des supporters. Il devrait tout de même trouver du réconfort auprès de ses protégés qui se disent à « 200% derrière lui », comme l’a confirmé Mesloub. Espérons que cette solidarité soit concrétisée sur le rectangle vert avec une bonne performance. Pour rappel, les deux prétendants du jour n’ont pas pu se départager les dernières fois où ils se sont affrontés avec un score de parité (1-1) à Tchaker (3 septembre 2010), qui avait coûté au sélectionneur Rabah Saâdane son poste à l’époque, puis à Dar Es Salem un an après jour pour jour. Le Breton connaîtra-t-il un meilleur sort et les Verts un plus heureux dénouement ? Réponse à l’issue d’une essentielle semaine internationale.