Les représentants d’une trentaine d’associations ont pris part samedi à Béjaïa au 4e Forum des droits de l’Homme pour faire le point et débattre des questions de l’heure inhérentes au thème. Maîtres Mokhtar Bensaïd, président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADH), Louhab Merdjana, secrétaire général de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), Marco Sioli, représentant de la Commission européenne, délégation d’Alger, Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie, et Abderrahmane Arar, président du réseau Nada (protection des enfants) ont assisté à la séance inaugurale du forum organisé à l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’Homme, qui est célébrée le 10 décembre. Plusieurs manifestations ont eu lieu à cette occasion, dont des expositions et des performances artistiques (fresques sur les droits de l’Homme), la projection de films documentaires en rapport et l’animation de conférences sur le sujet. Durant leurs interventions, d’aucuns ont mis en avant l’idée de renforcement des différents droits qui, « bien qu’ayant connu beaucoup de progrès, restent cependant insuffisants », a relevé Saïd Salhi, vice-président de la LADH, évoquant notamment les violences faites aux femmes et les kidnappings. Il a appelé, entre autres, à renforcer les autres dispositifs légaux, parmi lesquels figurent les libertés de réunion et de manifestation, l’abolition de la peine de mort, la régularisation des associations actives et l’instauration à ce titre du régime déclaratif. Abondant dans le même sens, la directrice d’Amnesty International Algérie a tenu, pour sa part, à replacer le sujet dans l’espace universel, en focalisant sur les crises internationales, les guerres et conflits, dont l’ampleur et la multiplication ont « amoindri la notion des droits de l’Homme et rendu vulnérable des cohortes entières de populations, notamment les plus démunies et les plus fragiles ». Mme Oussedik n’a pas manqué de polariser dans ce contexte le traitement infligé en Europe aux réfugiés de différentes nationalités, dont la montée de la haine, de la xénophobie et de l’exclusion et, par ailleurs, en raison du réchauffement de la planète qui pousse dans son sillage au déplacement des populations qui subissent cet exode dans leur chair. Abordant les droits de l’enfant, qui ne peuvent être dissociés du reste des droits humains, le président du réseau Nada s’est félicité de l’arsenal juridique mis en place pour les protéger et les promouvoir. M. Arar a indiqué toutefois que l’effort « doit désormais s’orienter vers la qualité », citant, entre autres, la prise en charge des enfants en situation de handicap qui, à ses yeux, « pèchent par de fortes carences », ou encore « des enfants sujets à certains phénomènes de violences, dont la mendicité, les violences familiales à proprement parler et les viols ». La manifestation, étalée sur deux jours, sera étendue, par ailleurs, aux villes d’Akbou et d’Alger.