Si les cours du baril continuent de susciter les débats dans diverses manifestations d’ordre économique à Alger, le Forum nord-africain sur le pétrole et le gaz a poursuivi, hier, ses travaux dans sa deuxième et dernière journée, se focalisant sur les opportunités d’affaires que peut offrir l’Afrique du Nord, en général, et l’Algérie, en particulier.
Les experts, qui ont débattu de la thématique centrale de la journée, à savoir «L’avenir de l’Afrique du Nord en matière d’industrie des hydrocarbures», n’ont pas omis le volet arbitrage.

Une communication dans ce sens a été donnée par Mehdi Haroun, qui dirige la filiale parisienne du cabinet américain King & Spalding. En spécialiste des questions énergétiques internationales, l’intervenant a fait ressortir l’aspect lié à la crédibilité des institutions algériennes. Un gage par excellence pour les candidats à l’investissement dans le pétrole et le gaz algériens, souligne-t-on au Forum. Les spécialistes rencontrés dans les coulisses insistent sur le fait que l’Algérie n’a plus d’intérêt à se limiter à la commercialisation des hydrocarbures. Développer tous azimuts la pétrochimie reste l’unique alternative pour l’Algérie si l’on veut valoriser les gisements. «Si des cabinets de renommée mondiale reconnaissent que l’investissement étranger n’a absolument rien à craindre de s’installer en Algérie, pourquoi donc n’investir que dans l’extraction du brut en lieu et place du parapétrolier ? Est-ce une question de gain facile ?» s’interroge un analyste rencontré dans les coulisses du Forum.

DES MULTINATIONALES APTES AU CRÉNEAU AVAL EN ALGÉRIE
Il faut dire que certaines multinationales présentes au Forum plaident, elles aussi, pour le développement de l’activité aval, «dans la mesure où les cours ont chuté d’une manière drastique ces derniers mois». Interrogé par la presse sur les retombées de cette situation sur l’Algérie, le chargé de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord de Shell, le Tunisien Mounir Bouaziz, considère qu’un développement du segment aval, notamment la pétrochimie et le raffinage «est plus que nécessaire en Algérie». «Il faut optimiser la valeur ajoutée de l’industrie pétrolière algérienne», estime le responsable régional du groupe anglo-néerlandais.
Shell opère actuellement en consortium au niveau de deux blocs en Algérie obtenus dans le cadre de l’appel d’offres lancé en 2014 par Sonatrach, rappelle-t-on. Il s’agit du bloc de Timssit, situé dans la région est du pays, et exploité par Shell en partenariat avec Statoil, ainsi que le périmètre Boughezoul, situé dans la région du nord algérien, et opéré en association avec la compagnie espagnole Repsol.

DES PRIX «MOINS BAS», MAIS EN 2020
Certains experts refusent, par ailleurs, de s’inscrire dans le discours actuel qui suggère que le pétrole ne devra rapporter plus rien à ses producteurs. C’est en tout cas l’analyse que font Francis Perrin et Mustapha Mekidèche lors d’une conférence, le 8 décembre, à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF). Cependant, les deux spécialistes reconnaissent que la tendance baissière poursuivra son bonhomme de chemin en 2016, signalant que les producteurs ont tout intérêt à oublier les embellies financières qu’ils avaient connues avant cette chute vertigineuse des cours pétroliers. «Le marché pétrolier devrait connaître une relative amélioration à partir de l’année 2017, avec un rebond des cours qui pourraient toucher un plafond de 80 dollars le baril en 2020». «Le marché est en train de produire une sorte de mécanisme de rééquilibrage, la baisse des prix provoquant un recul de la production et donc un retour à des prix moins bas», ont indiqué les deux experts.