Les nouvelles dispositions fiscales et les modifications apportées à d’anciennes taxes en vigueur, introduites dans la loi des finances (LF) 2016, visent à procurer des « ressources supplémentaires au budget de l’Etat tout en allégeant le poids fiscal sur les investisseurs ». Même si le souci écologique n’est pas la priorité, certaines dispositions ont toutefois une incidence sur l’environnement.


Ainsi, la hausse du montant de la vignette automobile, qui a principalement pour objectif de mettre « à la disposition de l’Etat des ressources supplémentaires de financement pour permettre l’entretien et la réhabilitation des infrastructures routières et autoroutières réalisées », est accompagnée du maintien de l’exemption de cette vignette (qui existe depuis la loi de finances pour 2011) pour les véhicules roulant au gaz de pétrole liquéfié-carburant (GPL/C) ou au gaz naturel comprimé (GNC), ce qui constitue une bonne mesure d’incitation à la promotion de l’utilisation des carburants propres, s’ajoutant au tarif préférentiel à la pompe et aux autres facilités accordées pour l’équipement des véhicules en kits GPL/C. Dans les faits, la protection de l’environnement profite des difficultés économiques et financières du pays. C’est la contrebande sur les carburants dans les régions frontalières qui a poussé le gouvernement à avoir recours à la distribution du GPLC, plus difficile à écouler vers le Maroc et la Tunisie que les quantités énormes de gas-oil et d’essence. Il reste à savoir où en est le projet de la Société nationale de transport et de commercialisation des produits pétroliers (Naftal) de réaliser 600 stations de service destinées à commercialiser exclusivement le GPLC, dont 200 stations implantées dans les zones frontalières. Où en est-on également dans le programme de l’Agence pour la promotion de la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) pour l’année 2015, de conversion au GPL/C de 20 000 véhicules particuliers et de  2 000 véhicules de flottes captives ainsi que l’acquisition de 20 bus au GNC/C ? L’objectif poursuivi à travers l’utilisation du GNC/C est de réduire, voire éliminer le gas-oil dans les bus et les véhicules lourds.  Naftal a mis en service, à Rouiba (à 22 km à l’est d’Alger), la première station-service de GNC. Une deuxième station était prévue au garage de l’Etusa, entreprise de transport public d’Alger, à Place 1er Mai. Les pouvoirs publics se sont engagés à généraliser les stations-service alimentées en GNC/C à travers toute la wilaya d’Alger avant de l’être au niveau des grandes villes telles Oran, Annaba, Constantine et Sétif. Le gouvernement s’est attaqué pour la première fois au gas-oil après avoir échoué depuis plusieurs années à en augmenter le prix, les députés y étaient systématiquement opposés jusqu’à la LF2016. Rappelons qu’en octobre 2009, le Premier ministre avait demandé aux administrations de ne plus acheter de véhicules diesel pour leur parc auto et il était question d’étendre cette interdiction aux entreprises publiques qui bénéficient de l’appui financier de l’Etat.  Où en est-on ? La mesure phare que les écologistes saluent est donc indéniablement l’augmentation du prix du gas-oil, même si ce qui a motivé cette décision n’est pas, en premier lieu, le fait qu’il s’agisse d’un carburant très polluant, mais, là aussi, le souci de remplir les caisses de l’Etat et d’alléger la facture des importations. Enfin, c’est l’impact de la baisse du prix du pétrole sur les recettes financières du pays qui a poussé le gouvernement à décider de lancer un programme d’efficacité énergétique, pour l’économie d’énergie, et cela s’est traduit dans la LF2016 par des tarifs qui favorisent les consommations basses d’électricité.