Ils peuvent bien être une création des laboratoires de la CIA américaine et du MI6 britannique, comme le colporte la vox-populi, mais un fait est certain, les groupes terroristes ont mis le pied, et dans la durée, dans les pays de la sphère du monde musulman.

Du célèbre terroriste vénézuélien Carlos, qui n’a eu de cesse d’écumer l’Europe durant les années 1960-1970, ce sont aujourd’hui les pays musulmans principalement qui font face à la menace terroriste, avec ce détail pas du tout anodin que ses recrues se recrutent également parmi les citoyens du monde occidental et le Royaume britannique n’est pas du tout épargné. Dans un monde en crise, Daech vient concurrencer son aîné Al Qaïda.
Un rapport publié récemment sur la question terroriste, et qui sera présenté ce mercredi 9 devant la Chambre britannique des communes, tire la sonnette d’alarme et accorde une large place à la propagande de Daech basée essentiellement sur l’endoctrinement des enfants. « Un grand nombre d’enfants, dont une cinquantaine de Britanniques », ont ainsi été endoctrinés par Daech, indique le rapport de la fondation Quilliam, un think tank britannique spécialisé dans la lutte contre l’extrémisme. En fait, cette fondation reconnaît explicitement que les recrues djihadistes ne se limitent pas aux franges vulnérables et facilement malléables des sociétés en crise identitaire et de projets de société. Ce que l’Algérie n’a cessé de clamer, à savoir que le terrorisme est un fléau transnational.
D’époque aussi, la lutte antiterroriste en Algérie même a aussi dévoilé que des étrangers, des Européens en fait, ont été dénombrés parmi les groupes terroristes.
C’est pratiquement ce qu’endurent les pays à troubles aujourd’hui, comme la Libye, l’Irak et la Syrie. En effet, ayant pris racine au Proche-Orient, il a été prouvé que Daech mène une vaste opération d’endoctrinement en direction des enfants. Une nouvelle génération de recrues est développée au sein du groupe terroriste Daech, endoctrinée par des concepts extrémistes et entraînée pour commettre des actes terroristes dès un très jeune âge, selon le rapport Quilliam.
Au moins 50 enfants britanniques grandissent au sein du groupe autoproclamé Etat Islamique Daech, un groupe qui compte tout de même « environ 30 000 recrues étrangères, dont plus de 800 Britanniques (…) disparus en Syrie pour combattre ». Ces jeunes recrues sont formées pour devenir une ressource future d’espions, prédicateurs, soldats, poseurs de bombes, bourreaux ou tout simplement pour servir de kamikazes et un programme d’éducation sur mesure leur est prodigué, commentent les rédacteurs du rapport.
Côté chiffres également, le groupe terroriste Daech s’appuie sur les recrues étrangères pour renforcer des troupes constituées d’environ 80 000 militants, dont 50 000 en Syrie et 30 000 en Irak.
Aussi, l’on admet plus globalement que le groupe domine sous son emprise quelque six millions d’hommes, femmes et enfants. « Le plus préoccupant est que l’Etat islamique prépare son armée en endoctrinant les jeunes enfants dans les écoles, en normalisant la violence par le témoignage des exécutions publiques, par le moyen de vidéos, et en les munissant d’armes en guise de jouets d’enfants », souligne Quilliam.
Les auteurs du rapport considèrent que Daech n’a en fait fait que suivre la démarche de propagande et d’endoctrinement menée de son temps par le régime nazi et Hitler.
L’on croit même savoir que Daech a créé une aile jeunesse nommée « Fityan al Islam » (Les garçons de l’Islam). Sur ce registre, les chercheurs de Quilliam soulignent avoir constaté que les enfants ont été largement utilisés dans la propagande de Daech entre le 1er août 2015 et le 9 février 2016. Sur ce chapitre, ils relèvent un total de 254 événements ou déclarations, comportant des images d’enfants utilisées pour impressionner et pour la propagande. Aussi, le rapport cite de la Mission d’assistance des Nations unies pour l’Irak, qui estime que Daech a enlevé entre 800 et 900 enfants âgés de 9 à 15 ans, et que d’août 2014 à juin 2015, des centaines de garçons, dont des kurdes et des turcs, ont été enlevés de force à leur famille et envoyés aux centres de formation. Le groupe terroriste « contrôle le système d’éducation en Syrie et en Irak, avec l’endoctrinement dans les écoles et l’intensification des camps d’entraînement », selon le think tank. Les filles, appelées les « perles du califat », sont « voilées, cachées, confinées à la maison, et ont appris à soigner les hommes », selon Quilliam.
En guise de conclusion, les auteurs du rapport recommandent la création d’une commission pour protéger les générations futures de la violence radicale, et espèrent que ce rapport aidera à des « réflexions essentielles » à même de mettre fin aux conflits en Irak et en Syrie.