La demande en formation professionnelle de cadres moyens, allant jusqu’aux techniciens supérieurs, constitue l’essentiel des besoins des entreprises, a estimé hier à Alger la ministre française de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, lors des premières rencontres de la formation professionnelle tenues en marge de la visite du Premier ministre Manuel Valls.
Le marché du travail algérien a besoin de techniciens et de techniciens supérieurs, soit des offres de bac+2 à bac+3. Elle cite le cas de Schneider Electric avec son école de Rouiba. Mais pour arriver à concrétiser ce partenariat, il faudra, selon elle, « rompre avec le déficit d’image et que les préjugés cèdent la place à une autre image ». La formation constitue, dit-elle, un « axe fort de la coopération algéro-française » pour la réussite de l’intégration des jeunes dans le monde de l’emploi. D’ailleurs, sur le plan régional, la thématique en 2016 des 5+5 porte sur « la formation et l’insertion professionnelles » dans les pays de la Méditerranée. La réunion de Paris est prévue en juin prochain et lui succèdera celle des ministres en Mauritanie d’ici à la fin de l’année en cours. Dans ce cadre, le programme de mobilité des jeunes diplômés des rives nord, sud et de l’est de la Méditerranée, HOMERe (High Opportunity for Mediterranean Executives Recruitment), lancé en octobre dernier, recevra une aide directe de son département, a-t-elle annoncé.
Elle a aussi annoncé la signature prochaine d’une convention-cadre de formation d’excellence en mathématiques entre l’Algérie et la France. Cependant, Mme Vallaud-Belkacem n’a pas fixé de date. L’objectif est, selon elle, « l’insertion des jeunes dans le monde de l’entreprise avec des formations professionnalisantes ». La ministre française s’est engagée à faire au mieux pour instaurer un dialogue avec les entreprises des deux pays qui s’inscrivent dans cette logique. « Nous savons qu’actuellement, il existe en Algérie une structuration de nouvelles offres de formation à plusieurs niveaux. Hormis l’Ecole supérieure algérienne des affaires (ESAA), il est prévu la création d’écoles supérieures dans le même esprit de mixité en ingéniorat, en architecture et en commerce. »
A ce jour, plus de 700 accords algéro-français signés dans la formation
Plus de 700 accords de partenariat ont été signés dans le domaine de la formation entre les pays, 23 000 étudiants algériens sont présents en France. Depuis 1987, 10 000 enseignants chercheurs sont concernés par des conventions entre les deux Etats, selon les chiffres livrés par Mme Vallaud-Belkacem. Le ministre algérien de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mohamed Mebarki, qui n’a pas prévu d’intervenir lors de ces rencontres, a confirmé les besoins dont a parlé la ministre française. Il a rappelé les « efforts permanents de l’Etat » dans son secteur. Actuellement, 1 240 établissements sont placés sous tutelle et six autres spécialisés en ingénierie pédagogique avec 25 000 formateurs dans 22 domaines d’activités et 420 spécialités afin de faciliter l’employabilité des jeunes. L’objectif reste, selon lui, de « répondre aux besoins des entreprises et le développement économique du pays ». Des filières ont été ouvertes dans l’agriculture, l’agroalimentaire et le tourisme, tandis que d’autres le seront dans le numérique, la téléphonie, les énergies renouvelables et l’environnement, a-t-il dit. Par ailleurs, la formation par apprentissage constitue plus de 50% des inscrits. Le but est d’atteindre 70% d’ici deux ou trois ans, a-t-il indiqué. Et d’ajouter que « plus de 60% des formés réussissent à se maintenir dans un emploi ». S’agissant des centres d’excellence, le centre de Schneider Electric est une « locomotive » pour d’autres, selon le ministre.