A Madrid, côté «Merengue», la nuit de samedi à dimanche était blanche. Un 11e sacre en Ligue des champions pour le Real Madrid qui a plongé la capitale espagnole dans une liesse folle. Une consécration décrochée aux dépens du voisin, et non moins rival, madrilène : l’Atletico (1-1/ 5 t. a. b. 3). Jamais le Real n’a aussi bien porté son nom. Avec cette «Undecima», le club le plus titré dans l’épreuve se pose sur les lieux hauts perchés du football au Vieux Continent. Retour sur un triomphe majestueux.

 

 

Ce n’était peut-être pas la finale la plus spectaculaire mais elle comptera au palmarès tout de même. Pour le Real Madrid, c’était deux mi-temps, deux visages et des prolongations où il a fallu être solide mentalement et physiquement.
Une ouverture du score, signée Sergio Ramos (15’), entachée d’un léger hors jeu suivie d’un début de seconde mi-temps qui a failli tourner au désastre si Antoine Griezmann (47’) avait transformé le penalty, assez généreusement accordé par l’arbitre anglais Mark Clattenburg. Les «Colchoneros» recolleront avec ce but égalisateur de Ferrera Carrasco (79’) à la suite d’un superbe mouvement collectif.
Les nouveaux champions d’Europe sont passés par tous les états. Mais c’était l’inévitable itinéraire pour accrocher le sommet continental. Du doute de la mi-saison et cette éviction de Rafael Benitez en janvier dernier, à la gloire, il y a eu un homme qui a su renverser le destin comme il faisait basculer le jeu sur le rectangle vert. Un entraîneur avec peu d’expérience venu affronter d’énormes attentes qui a, toutefois, su emmener ses poulains vers la Coupe aux grandes oreilles de pas fermes.
Un trophée qu’il a déjà remporté avec cette même institution en tant que joueur (2001), coach-adjoint d’Ancelotti (2014) et maintenant comme premier responsable de la barre technique. Zinedine Zidane, 7e de la très «short-list» des lauréats du Graal comme joueur puis driver, n’en finit plus d’écrire sa légende avec le team de la «Maison-Blanche». Certes, il ne pouvait pas être sur la pelouse de Giuseppe Meazza pour nous gratifier d’une volée venue d’un autre monde mais ses protégés ont fait le boulot depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe (53 points sur 30 possibles en Liga en plus d’avoir été au bout dans cette LDC).
Après avoir passé l’écueil de l’AS Rome (le même tarif sur les deux rencontres 2-0) en 8es de finale, la bonne étoile de l’ancien numéro 10 de l’équipe de France a opéré de nouveau.
Zidane, la «soluZZione » !
Deux tirages cléments en quarts et demies. C’était le VFL Wolfsburg qui a été évincé par les Madrilènes malgré une défaite de 2 buts à 0 lors du match aller. La formation espagnole a pu compter sur son buteur attitré Cristiano Ronaldo pour se hisser dans le carré d’AS. Le Portugais avait inscrit un triplé pour porter son total à 16 buts dans cette édition 2016 et 93 (record absolu) sur l’ensemble de sa carrière en C1. En demies, c’était au tour de Manchester City de subir la loi de Karim Benzema et consorts (0-0/1-0). Pendant ce temps-là, l’Atletico Madrid ferraillait contre deux gros morceaux : le FC Barcelone (défaite 2 buts à 1 à Nou Camp puis victoire 2-0 à Vicente-Calderon) et le Bayern Munich (succès étriqué (1-0) lors de l’acte I à Madrid et défaite 2-1 lors de la seconde manche à la Bavière). Dès lors, l’Espagne était assurée d’aligner un 3e succès de rang dans le prestigieux tournoi. Le 16e toutes éditions confondues (11 pour le Real et 5 pour le FC Barcelone, son ennemi juré, NDLR) contre 16 finales perdues dont 3 (1974, 2014 et 2016) pour les finalistes malheureux de cet opus. Ainsi, Madrid devenait à coup sûr la ville la plus titrée (11 étoiles) devant Milan qui en a décroché 10 (7 pour le Milan AC et 3 pour l’Inter). En terre ibérique, avec les Cristiano, Suarez, Neymar, Griezmann et Messi (pour ne citer que ceux-là) inévitables deviennent l’hégémonie footballistique et la prophétie. Ce n’est pas le sacre du FC Séville en Europa League, pour la 3e séquence de suite, qui viendra semer des doutes sur cette outrageuse domination qui ne risque pas de s’estomper de sitôt.