Depuis le début de la saison estivale, le seul refuge pour les jeunes et moins jeunes de Guelma est le café parce qu’il n’existe aucun moyen de distraction, ni salle de cinéma et de spectacles. Rien.

Certains citoyens devant ce vide culturel, se sont interrogés sur le rôle d’animation que certains organes sont censés jouer. Le mutisme des responsables et l’inactivité de la scène culturelle ont carrément fait disparaître le goût des activités et des festivités et effacé la notion de lumières, de soirées et de dé- tente dans cette ville. Comment passer l’été à Guelma ? Que faire devant le grand vide et l’oisiveté qui «tuent» les habitants de cette ville et particulièrement les jeunes ? En effet, en présence des milliers de jeunes sans le moindre débouché, les nombreux cafés de la ville ne désemplissent pas et affichent souvent complet de jour comme de nuit même si ceux qui «veillent» ne sont pas nombreux. Les gens qui sortent pour se distraire, se voient obligés soit d’aller au café, soit rester à la maison. Leur emploi du temps en cette période de vacances est très simple : de la maison au café et du café au… café. On a compté treize cafés dans un quartier de moins de 120 habitations. Même les cybercafés n’offrent pas cette prestation de service souhaitée qui se résume dans la détente et le bon environnement. Dans ces circonstances, il n’y a que la rue, les trottoirs. Les jeunes sont debout, discutant de tout et de rien, mais assurément de l’état chaotique dans lequel ils se retrouvent depuis très longtemps. En l’absence d’animation culturelle et artistique, le seul refuge devient le café parce qu’il n’existe apparemment aucun autre lieu de distraction. Même les deux piscines réalisées avec l’argent des contribuables sont fermées depuis deux décennies. L’image est consternante, ce qui donne lieu quotidiennement à d’innombrables dépassements et infractions, comme par exemple ces rassemblements de Aissaoua et autres joueurs de trompette dans les quartiers jusqu’au petit matin ou ces escapades en moto et même en voiture de jeunes, qui ne respectent pas le code de la route et les règles de bon voisinage. En somme, il est impossible d’imaginer les jours et les nuits de Guelma autrement que dans ces circonstances. Il est impératif que les responsables locaux bougent afin d’initier des actions à même de combler ce vide, de faire appliquer rigoureusement les lois pour garantir un minimum de quiétude aux habitants et leur permettre de sortir de ce cercle infernal.

PISCINES ET JETS D’EAU À L’ARRÊT

Au cours des années 1990, les autorités locales avaient initié d’importants projets visant l’amélioration du cadre de vie de la population guelmoise. Dans ce contexte, deux piscines semi-olympiques dotées de structures d’accompagnement ont été édifiées, l’une au niveau de la cité Gahdour, sur les hauteurs de la ville, la seconde aux abords de la cité Ben-Boulaïd, derrière le collège 8-Mai 1945, en face de l’hôtel Mermoura. Elles ne fonctionnè- rent que quelques années, au grand dam des jeunes, car leurs équipements enregistrent des pannes qui perdurent ; le devis établi pour leur remise en marche a été jugé exorbitant par les autorités locales qui ne pouvaient, semble-t-il, honorer la facture. Ce patrimoine communal est à l’abandon en dépit de plusieurs opérations projetées, dont la location à des investisseurs privés sur la base d’une convention qui permettrait les réparations et la reprise de l’exploitation. Par ailleurs, de beaux jets d’eau réalisés sur la place du 8-Mai 1945, au centre-ville, à Bab Annaba, à la cité Gahdour Tahar, au square mitoyen du siège de l’APW, mais ils sont désespérément à sec depuis des lustres ! Certains sont devenus des dépotoirs à ciel ouvert, dans l’indifférence totale des instances concernées. Les élus d’une APC mosaïque de 33 membres n’ont pas daigné réagir afin d’améliorer la qualité de vie de leurs administrés, qui évoquent avec nostalgie les années fastes au cours desquelles ce mobilier urbain dispensait fraîcheur et bien-être. Actuellement, les personnes avides de détente se rendent à l’hôtel touristique Mermoura pour profiter de la piscine, dont les tarifs sont jugés faramineux. D’autres décrochent un abonnement à la piscine de l’OPOW Soudani-Boudjemaâ mais seuls des veinards y ont accès. De toute évidence, Guelma souffre d’un manque flagrant de piscines et à même d’améliorer le quotidien des citoyens, pénalisés par des étés caniculaires.