Quand vous entrez à Jijel, vous êtes saisi par le nombre impressionnant d’affiches, pancartes et autres publicités bien de chez nous, accrochées aux poteaux électriques, placardés sur les murs, pendant aux branches d’arbres ou aux fils électriques vous invitant à la location d’appartements ou de maisons meublés ou pas, pieds dans l’eau, au centre-ville ou à la périphérie.

C’est à croire que toutes les habitations sont à louer durant l’été et que leurs occupants sont partis ailleurs. Il y a foule à Jijel et les bousculades entre piétons sont légion, surtout au niveau des marchés de fruits et légumes, poissonneries et boucheries. Il faut dire que les prix sont raisonnables et que parler de cherté serait mentir. Seul le prix de la sardine fait jaser, il dépasse les 500 DA, ce qui énerve les autochtones qui se sont donné le mot pour bouder ce produit ; les vacanciers, eux, en achè- tent en grande quantité. Les prix de location des appartements et maisons varient entre 4 000 et 8 000 DA la nuitée. L’autre fait marquant qui caracté- rise Jijel est le nombre impressionnant de véhicules qui circulent en ville, de nuit comme de jour, immatriculés dans toutes les wilayas du pays, principalement Biskra, Batna, Souk Ahras et Khenchela. La circulation, malgré la présence de policiers à tous les carrefours, est ralentie, particulièrement aux entrées est et ouest. Les automobilistes vivent le calvaire et les voir gesticuler à tout bout de champ est un spectacle courant. Les plages de Jijel, d’est en ouest, pullulent de vacanciers qui profitent pleinement des bienfaits de la mer avec cette particularité que cette saison les parkingueurs et squatteurs de pans de plages ont disparu comme par enchantement. La dernière instruction du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales est appliquée à la lettre dans la wilaya de Jijel, et ce, au grand bonheur des citoyens. Le soir venu, des tentes individuelles sont louées à des jeunes estivants pour passer la nuit. Jijel vit au rythme de la promenade de la plage Kotama (ex-Casino) où une multitude de familles longent le large trottoir avec vue sur mer et veillent jusqu’à des heures tardives, parfois jusqu’aux premières lueurs du jour. Le calme et la sérénité règnent à Jijel, ce qui fait le charme de cette ville hospitalière. Sur la plage Kotama, les prix des boissons, glaces et autres amuse-gueule dépassent l’entendement, c’est à prendre ou à laisser. La plupart des hôtels de la ville ont changé de statut et sont devenus dortoirs, y passer une nuit coûte entre 800 et 1 000 DA, mais ils affichent complet et font de très belles affaires durant la saison estivale. En ville ou à la plage, les vacanciers ne risquent nullement d’être dérangés dans leur quiétude par de quelconques énergumènes en mal d’aventures ou de sensations fortes, il y aura toujours quelqu’un pour secourir ou aider ceux ou celles qui sont sujets à agression. A Jijel, le respect de la femme et des familles est sacré et gare à celui qui osera piétiner ce terrain «explosif», considéré comme tabou par les autochtones. Interrogés sur les motifs du choix de la ville de Jijel pour y passer leurs vacances, les estivants répondent tout de go «pour son charme, sa beauté mais aussi et surtout pour le respect de nos familles par les autochtones et les visiteurs».