A peine l’épisode du «complot ourdi» contre la ministre de l’Éducation terminé, voici venu un second épisode, durant lequel Mme Benghebrit est attaquée une nouvelle fois sur la réforme du système éducatif. 

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Critiquée pour ses engagements, notamment, la réforme de seconde génération de l’école, la ministre essuie depuis quelque temps déjà les attaques de toutes parts. Si pour elle la réforme qu’elle propose «constitue un bond pour gagner le défi de la qualité de l’enseignement, le rendement et la performance de l’école algérienne», pour ses pourfendeurs, «il s’agit d’une atteinte aux constantes nationales». Combat idéologique inspiré des visées politico-aff airistes de certains cercles. La ministre avait précisé que «la 2e génération des réformes dans le secteur de l’éducation apporte des améliorations susceptibles de rectifier les dysfonctionnements et de dépasser les lacunes relatives au rendement de l’acte pédagogique et de la gouvernance de l’école algérienne».

Ajoutant qu’«il est de la responsabilité de l’école algérienne qui a bénéficié d’investissements considérables de satisfaire aujourd’hui cette revendication et de mieux répondre aux aspirations de toute la société». La décision des autorités publiques d’engager une seconde réforme est motivée par la nécessité de faire de l’école un lieu de savoir et non un abreuvoir idéologique à tendance islamique. Si Mme Benghebrit résiste, car forte du soutien du gouvernement, elle n’en demeure pas moins qu’elle provoque une levée de boucliers de la part des partis islamistes. Au-delà de l’aspect idéologique qui anime certaines formations de la classe politique, des syndicats, pourtant admis dans le cercles restreints de la ministre comme partenaires sociaux, prêche un autre discours et s’indignent du fait qu’ils ne soient pas consultés, notamment sur les délais impartis pour l’application de la réforme. C’est le cas du Syndicat des travailleurs de l’éducation (SNTE) qui plaide pour la prolongation jusqu’à 2017 de sa mise en œuvre, tout en insistant sur la nécessité d’ouvrir un débat autour desdits programmes.

«Il faut ouvrir autour de ce sujet un débat auquel prendront part des enseignants, des inspecteurs, des syndicats, des parents d’élèves, des partis politiques et même la société civile», a indiqué Kouider Yahiaoui, secré- taire national et chargé de l’organisation au SNTE dans un communiqué. Le SNTE réclame au ministère «le report de l’application des programmes de 2e génération à la rentrée scolaire 2017/2018», car les programmes vont provoquer, selon lui, «un changement» important. Raison pour laquelle, «nous avons demandé au ministère de l’Education nationale de patienter et de ne pas précipiter l’application des nouveaux programmes», a affirmé M. Yahiaoui.

Le SNTE déplore que les syndicats n’aient toujours pas toutes les données concernant le contenu de ces nouveaux programmes, alors que «nous avons assisté à cette rencontre (journée d’étude sur les programmes de 2e génération, NDLR)», mais «sans pouvoir avoir de données sur le contenu des nouveaux programmes», a-t-il regretté, avant d’ajouter que «cela démontre que la tutelle adopte une politique d’opacité et de confidentialité». Et de ré- clamer le droit de connaître le contenu des nouveaux manuels scolaires en affichant son rejet de «l’opacité» qui entoure «les changements et les ajustements» de la réforme scolaire. Dans ce cadre, le SNTE se dit contre les «réformes engagées» par Nouria Benghebrit. Il en veut pour argument que «la ministre nous a invités, en avril dernier, pour une journée d’étude qu’elle a largement médiatisée. Ensuite, elle s’est engagée seule dans les réformes en disant qu’elle avait eu l’accord entier des partenaires sociaux pour procéder aux réformes», dénonce M. Yahiaoui. A ses yeux, «la dernière conférence nationale manque de crédibilité, et ce, en raison de l’exclusion des propositions, des préoccupations et des aspirations des syndicats du secteur». Ce dernier a fait savoir que les syndicats de l’éducation nationale veulent uniquement «s’assurer du respect des composantes de la société algérienne que consacre la Constitution : les fondements de l’islam, l’arabité et l’amazighité»…