L’Algérie abrite dès aujourd’hui, au Palais des nations, un atelier international sur « le rôle de la démocratie dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme », une rencontre qui « participe de l’effort que l’Algérie consent, selon ses moyens, dans la lutte internationale contre l’extrémisme violent et le terrorisme », souligne le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié hier. Il rappelle que ce rendez-vous international intervient dans le sillage des récentes rencontres organisées également par l’Algérie qui avaient porté respectivement sur l’expérience algérienne en matière de dé- radicalisation ainsi que sur le rôle d’Internet et des réseaux sociaux dans la lutte contre le cyber-terrorisme. « Ces initiatives sont venues appuyer l’action que mène l’Algérie au sein du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF) dont elle membre fondateur et dont elle co-préside, avec le Canada, le Groupe de travail sur le Sahel », précise le communiqué. Par cette initiative, l’Algérie « entend partager son expérience dans la construction de la démocratie en tant que dynamique de renforcement de l’Etat de droit, de promotion des droits de l’homme et des libertés individuelles et collectives, de renforcement de la cohésion et de l’unité nationales et de facteur d’isolement, de marginalisation et de rejet des discours extrémistes et de lutte contre les logiques de l’exclusif et de l’exclusion », explique le ministère des AE. Aussi, la tenue de cet atelier international sur un thè- me aussi important dans la conjoncture internationale actuelle se veut une contribution de l’Algérie à l’eff ort de la communauté internationale dans la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme. Les participants à cette rencontre procéderont à un « large échange » de vues sur le rôle de la dé- mocratie dans la lutte contre l’extré- misme violent et le terrorisme, à travers la présentation des expériences nationales en la matière. Parmi les interventions et expériences attendues, il y a certainement celles du directeur du Centre canadien de la prévention de la radicalisation menant à la violence. Le docteur Herman DepariceOkomba, dont l’organisme mène depuis trois ans une expérience qui consiste à éviter au maximum l’acte de « judiciarisation » des candidats à l’extrémisme au profi t de la sensibilisation et de l’aide aux proches ainsi qu’aux parents, parlera d’une expé- rience canadienne unique. Mais qui commence à être suivie à l’étranger et même imitée dans le bon sens du terme. Dans une déclaration à Reporters, hier, le docteur Deparice-Okomba a indiqué que la municipalité de Bordeaux, en France, s’intéresse beaucoup au travail de terrain que fait son centre au Canada. En Belgique, on s’intéresse aussi aux résultats obtenus par le centre. Le Canada, qui a recensé quelque 180 de ses ressortissants ayant rejoint la Syrie, privilégie une politique de détection des risques de radicalisation et d’écoute afi n que les personnes tentées par le phénomène, des jeunes en particulier et dont les motivations ne sont pas forcément liées à des considérations religieuses, soient prises en charge et empêchées de basculer dans le terrorisme.