Cinq nouveaux bus, flambant neufs, et immédiatement mis en exploitation, sont venus renforcer le parc roulant de l’Entreprise publique de transport urbain et suburbain de la wilaya de Ghardaïa. Créée en juillet 2010 avec une dizaine de bus et une cinquantaine d’employés, l’entreprise, qui exploitait jusqu’ici 18 bus, compte désormais avec ce renfort, 23 unités, ventilées sur 9 lignes disséminés dans toute la vallée du M’zab. Cet apport lui permettra, entre autre, de ré- pondre à la forte demande exprimée sur certaines lignes, notamment Dhaïa Ben Dahoua, à une dizaine de kilomètres au nord du chef-lieu de wilaya et de Ben Smara et Bouhraoua, quartiers excentrés et diamé- tralement opposés de la commune de Ghardaïa. Néanmoins, seuls les deux premiers quartiers cités, en l’occurence Dhaïa Ben Dahoua et Ben Smara, ont été pris en charge et désormais desservis par le renfort d’un autre bus, pour le premier quartier, et d’une nouvelle desserte avec deux bus, pour le second. Pour ce qui est de Bouhraoua, sur les hauteurs de la vieille ville, sur la RN N1 en direction du nord, où d’une façon exponentielle une nouvelle agglomération avec toutes les infrastructures de base a pris forme en moins d’une dizaine d’années, il y a lieu de préciser que seul son axe Sidi Abbaz – Bouharaoua, par la clinique Les Oasis et Sid El Moustadjab, reste défi cient et à ce jour desservi, tant par les transporteurs privés que l’entreprise publique. Ce qui est une aberration au regard des centaines des fonctionnaires, de collégiens et lycéens qui s’agglutinent chaque jour, matin et soir, qu’il pleuve, qu’il vente et que les dards du soleil tapent si fort, au bord de la route, face à la station Naftal de Sidi Abbaz faisant du stop pour l’immense majorité d’entre eux ou prendre un taxi au prix oscillant entre 130 et 150 DA pour une course entre la cour de justice et la cité El Djamel. Quatre fois par jour, que nos responsables fassent les comptes. Comment peut-on né- gliger cet important axe sachant qu’une importante partie des collégiens, lycéens et fonctionnaires des diff érentes administrations, entreprises publiques et privées, CEM et lycées (2 de 1 000 places chacun) opé- rant sur ce périmètre, telles que la Sonelgaz, la cour de justice, la Direction des douanes, la direction de la Protection civile, la Direction du tourisme, l’Anem et l’Inspection du travail, la liste n’est pas pour autant exhaustive, résident à Sidi Abbaz, véritable bassin de main-d’oeuvre, toutes catégories confondues ? Il y a certainement matière à revoir le schéma de ventilation de cette fl otte de bus en privilégiant, par exemple, et tout simplement, la notion de prorata du nombre d’habitants et de travailleurs/étudiants à transporter par axe de direction. Par ailleurs, et afi n d’améliorer la prestation de service, l’entreprise a décidé de revoir son programme et ce, à travers une prolongation des horaires de dessertes. Le but est surtout de desservir les grandes cités et les agglomérations et répondre aux besoins exprimés par la population surtout en cette entame de rentrée sociale. Par ailleurs, et en dépit de toutes ces contraintes, les bus bleu et blanc, aux mythiques couleurs de la doyenne des transports publics urbains en Algérie depuis la colonisation, l’ex-RSTA d’Alger, restent les plus demandés chez les usagers. Ces derniers préfèrent le respect des horaires et les prix modé- rés, ce qui n’est malheureusement pas le cas chez les bus privés. Pour être plus rentables et fi déliser sa clientèle, l’Etu Ghardaïa gagnerait à instaurer une tradition en lançant le produit abonnement avec plusieurs variantes déclinées en direction des étudiants, des travailleurs et des handicapés, auxquels il faudrait aussi penser à aménager et réserver, comme il se fait ailleurs, des sièges adaptés à leurs défi ciences physiques. Question à un ticket de bus, qu’est-ce qui fait le bonheur du voyageur ? Mis à part l’hygiène du bus et la bonne éducation du chauff eur et du receveur, c’est avant tout le prix juste et légal mais aussi et surtout le respect des horaires. Ceci dit, pour fi déliser le client, il est impératif de respecter les horaires d’arrivée et de départ autant que faire se peut même si quelque part, avec le plan de circulation actuel complètement dépassé et obsolète, ainsi que les sempiternelles embouteillages et les impondérables dus à cette sacrée manie de certains responsables de fermer et bloquer toute la circulation pour permettre aux autorités et autres délégations de passer, c’est un peu trop demander. En parallèle, de tous ces eff orts à accomplir pour être en phase de ses intentions d’amélioration de ses prestations de services au profi t de ses usagers, il reste encore celui de se conformer aux normes universellement admises, à savoir matérialiser de manière claire et surtout visible, de jour comme de nuit, les diff érents arrêts, qu’ils soient fi xes ou facultatifs et surtout pour protéger les clients lors de leur attente des aléas du climat, l’installation abrisbus qu’on rentabilisera (pourquoi pas ?), par la publicité qui y sera affichée.