La réunion informelle des pays membres de l’Opep d’Alger a débouché sur la tenue d’une réunion extraordinaire mercredi soir à Alger où il a été décidé de réduire la production à un niveau oscillant entre 32,5 mbj et 33 mbj. Après plusieurs heures de négociations laborieuses, ils sont parvenus à s’accorder sur une réduction des productions de brut.

 

Une décision historique depuis la réunion extraordinaire de 2008, abritée également par l’Algérie. Prenant à contre-pied les pronostics hâtifs d’experts et de médias internationaux sur un échec de la réunion, l’Opep, à travers sa décision de réduire sa production entre 32,5 mbj et 33 mbj, reprend les rênes pour continuer à défendre les intérêts de ses membres à travers un prix de brut rentable et raisonnable. Si c’est une décision « historique » pour le ministre de l’Energie Nourredine Bouterfa, le vice-président du Conseil économique et social (Cnes), pour Mustapha Mékidèche, qui intervenait jeudi dernier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, « c’est un résultat supérieur à ce qu’on attendait, puisque l’Algérie avait comme position d’obtenir un gel de la production », estimant que cette réunion de l’Opep constitue un succès après l’échec des réunions précédentes. Un succès réalisé notamment grâce, a-t-il estimé, à la faveur du « rapprochement des points de vue, essentiellement ceux de l’Arabie saoudite et de l’Iran qui ont une façon récurrente au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) mais aussi des positions diffi ciles de se rapprocher », mais surtout suite à « l’important travail de préparation accompli par l’équipe algérienne de toutes les institutions,notamment le ministère de l’Energie, le groupe Sonatrach et l’appareil diplomatique ainsi que les plus hautes autorités de l’Etat », a relevé M. Mékidèche. Un succès donc « après l’échec de la réunion de Doha en avril et de la réunion de l’Opep de juin (à Vienne) qui n’a rien donné, puisqu’elle n’a même pas fi xé le plafond », a-t-il souligné. Il s’agit « d’un succès à la fois politique, géostratégique, économique et fi nancier pour le pays ». Ainsi, ce consensus obtenu entre les pays membres de l’Opep pour réduire leur production de brut va se traduire pour l’Algérie par desserrer ses contraintes fi nancières. Mustapha Mékidèche a, en eff et, affi rmé qu’au moment où le pays est en phase de préparation des budgets pour l’année 2017, « cet accord devrait lui permettre de limiter un défi cit budgétaire qui s’annonce important ». « Cet accord, permettra de stabiliser les prix et de desserrer la contrainte fi nancière budgétaire des eff orts restant, cependant, à entreprendre pour diversifi er l’économie nationale et rationaliser notre budget », a-t-il explicité. Mais aussi de permettre « d’élaborer aisément une loi de fi nances 2017 avec comme élément de cadrage un baril à 50 dollars ». Pour ce qui est du changement de la position de l’Arabie saoudite – contre toute attente -, M. Mékidèche estime que ce membre infl uent de l’OPEP « n’était pas épargné des eff ets de la chute des cours mondiaux ». « Je pense que le concept de pays fragiles au sein de l’Opep était artifi ciel car tous les pays sont dans une situation de fragilité comme l’Angola, le Nigeria ou le Venezuela, mais aussi tous les pays du Golfe qui (…) ont des besoins de fi nancement pour leur développement », a expliqué l’expert. Pour ce qui est de l’Iran, il a noté que ce pays n’était pas en mesure de continuer « indéfi niment » à vouloir atteindre le niveau de production qu’elle avait, soit autour de 4 mbj avant les sanctions, à des prix inférieurs à 50 dollars. M. Mékidèche a, par ailleurs, estimé que la Russie est en passe de s’impliquer dans le processus de l’Opep. « Le travail de concertation avec la Russie va se faire et une fois le travail du comité de répartition de quotas au sein de l’Opep sera terminé, l’Organisation sera en position de discuter avec la Russie mais aussi avec les autres pays producteurs comme la Norvège ».