Le long métrage, première fiction de la Palestinienne Maï Masri, 3 000 Nuits, a séduit le nombreux public, présent mardi soir lors de sa projection aux Premières rencontres cinématographiques de Hassi Messaoud.

Déjà primé dans de nombreux festivals en Europe et aux Etats-Unis, la fiction dramatique d’1 heu

re 43, dont la projection en salle a déjà été faite en Egypte, au Liban, en Irak et en Tunisie, dans un dialecte partagé entre arabe et hébreu, relate l’histoire vraie de Layal, une jeune institutrice palestinienne, injustement condamnée par un tribunal israélien à huit ans de prison ferme, pour une soi-disant implication dans un acte «terroriste».
3 000 Nuits est un cri de détresse lancé au monde entier sur la situation des Palestiniens emprisonnés. Grâce à Maï Masri, la Palestine trouve sa place dans le monde et crie haut et fort qu’elle existe ! Du très beau cinéma palestinien dénonciateur de faits très graves relevant du non-respect des droits de l’homme. Le film représente la Jordanie pour les Oscars 2017, ainsi que la Palestine au Golden Globes 2017. Inspiré de l’histoire vraie d’une jeune mère palestinienne, qui a donné naissance à son enfant dans une prison israélienne, 3 000 Nuits est une histoire sur la résistance, la lutte pour la dignité mais surtout sur les moyens d’évasion créés lorsque les espaces de liberté n’existent plus. Il s’inscrit dans un genre -le film prison – qui a rarement traité de l’expérience des femmes, sans parler des Palestiniennes. Quand Layal découvre qu’elle est enceinte, la directrice de la prison fait pression sur elle pour qu’elle avorte et qu’elle espionne les détenues palestiniennes. Malgré cela, déterminée, bien que toujours en prison, Layal donne naissance à un garçon. A travers son combat pour élever son fils derrière les barreaux, et sa relation avec les autres détenues, elle réussit à trouver une lueur d’espoir et à donner un sens à sa vie. Cependant, les conditions d’emprisonnement se détériorent et les prisonnières palestiniennes décident d’entamer une grève. La directrice de la prison menace Layal de lui enlever son fils si elle se joint à la rébellion.
Dans un moment de vérité, Layal est obligée de faire un choix, qui changera sa vie pour toujours. Anahit Fayad, actrice jordanienne, qui a joué le rôle d’une prisonnière dans le film, nous confie que «ce sont des enseignantes en langue hébreu qui ont interprété le rôle des prisonnières israéliennes, toutes d’origines palestiniennes, vivant un peu partout dans le monde». A noter que ce long métrage, sous-titré en français, a déjà reçu le «Jury Award» de Women’s International Film & Television Showcase (WIFTS), en 2015 à Los Angeles, «Audience Award», à Valladolid (2015) en Espagne, le «Prix du public» au Festival international d’Annonay (France) 2016, le «Youth Award» au Festival International pour les droits de l’homme à Genève et le «Circle Special Jury Award» au Festival International de Washington DC en 2016.
F. D.