On les croyait morts, mais on a oublié que les Egyptiens excellaient en momification. Dimanche, en venant à bout du Maroc (1-0), l’équipe nationale d’Egypte a arraché son billet pour la demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier – 05 février au Gabon).

La malice de Renard (Hervé), driver de la sélection marocaine, n’a pas suffi pour empêcher la poursuite de la résurrection des «Pharaons».

Sur une pelouse de Port-Gentil d’un autre temps et d’une qualité médiocre, l’Egypte a surpris le Maroc. Un but de Mahmoud Kahraba (87’) qui a électrocuté les « Lions de l’Atlas « pour les envoyer en dehors de la compétition. Mais la star du match était certainement le dernier rempart Essam El-Hadaray qui a longtemps permis aux siens de rester dans le match. A 44 ans et toutes ses dents, le portier qui dispute sa 5e CAN a sorti des parades salvatrices comme au bon vieux temps. Le keeper est ce lien d’attachement entre un pas si lointain passé glorieux et un présent prometteur avec des talents en herbe. Le gardien aux 143 sélections pourrait disputer la 5e finale de sa carrière si l’équipe venait à éliminer le Burkina Faso qui sera le dernier écueil avant l’explication ultime. Sa présence est rassurante et la défense semble infranchissable. Depuis le début du tournoi, pas la moindre fois elle a craqué alors que l’attaque s’est « contentée « d’inscrire 3 buts en quatre sorties. Tous ont offert la victoire au bout. Un réalisme glacial et une notoriété qui semble survivre dans les chambres froides de l’histoire. Après avoir manqué les trois derniers tournois (2012, 2013 et 2015), le « Pays des Pyramides « retrouve les devants de la scène continentale avec un groupe rajeuni et relooké. La présence d’éléments expérimentés à l’instar d’El-Hadarey, Ahmed Fathy (111 capes) et Ahmed El Mohamady (71 apparitions), a donné une assise solide pour les jeunes pleins de promesses comme les Salah (AS Rome/Italie), El Nenny (Arsenal/Angleterre) outre Ramadan Sobhi (Stoke City/Angleterre) et Kahraba qui a, comme un symbole, propulsé les siens en demies. Mais que ce fut dur de dompter les « Lions de l’Atlas « qui semblaient, par nombreux moment de l’empoignade, capables de donner le coup de griffe fatal. Le sélectionneur des septuples champions d’Afrique, Hector Cuper, sait pertinemment que les dieux du football l’ont béni pour rallier ce tour. « La partie la plus difficile du match a été les… 90 minutes entières. Nous avons vu comment les deux équipes ont raté des occasions de marquer «, a reconnu l’ancien entraîneur du Bayern Munich avant de féliciter « le Maroc pour leur performance, ils sont une équipe pour l’avenir et leur entraîneur Renard a fait un travail formidable. Je remercie Dieu de cette victoire difficile. Nous avons eu un problème avec les balles aériennes, mais nous avons gagné. Nous avons maintenant deux jours pour essayer de récupérer et de mettre en place la stratégie pour la demi-finale. On va essayer de donner aux joueurs le temps de réadaptation et espérons qu’ils seront prêts pour le prochain match.» Même classe chez son homologue Hervé Renard : « Tout d’abord félicitations à l’Egypte et à son entraîneur.
C’est une équipe très forte et il était difficile de les battre. Ils sont de retour après une longue absence et quel retour. Je suis satisfait de la performance de mon équipe. Tous les joueurs se sont comportés comme de vrais professionnels et je les félicite. Boussoufa a été exceptionnel et il a aidé ses jeunes coéquipiers et je suis très fier d’eux. Nous avons eu des occasions, mais nous n’avons pas marqué. C’est le football. Mon seul regret est pour le peuple marocain et pour mes joueurs. Je souhaite bonne chance à l’Egypte», a déclaré le coach champion d’Afrique sortant qui dit adieu à la compétition l’ayant vu sacré dans 2 des 3 dernières séquences (2012 avec la Zambie et 2015 avec la Côte d’Ivoire). Dans notre livraison d’hier, on a dit que cette CAN est placée sous le signe de la résurrection pour des teams qui ont longtemps dicté leur loi dans la balle ronde africaine avant de voir leur suprématie s’étioler ces dernières années. Reste à savoir qui ira au bout de cette convalescence. Entre le Ghana, le Cameroun, l’Egypte et le Burkina Faso, la lutte sera sans merci.