Le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi a relevé, lors d’une conférence de presse organisée hier à la Bibliothèque nationale d’El Hamma, les contraintes financières que connaît le secteur de la culture et qui constituent paradoxalement une opportunité pour une réorientation de l’activité culturelle sur la base de la rationalisation des dépenses.

Selon M. Mihoubi, les objectifs tracés pour l’année 2016 ont été une réussite. En ce qui concerne le livre et la lecture publique, «148 nouvelles bibliothèques sont aujourd’hui opérationnelles et équipées par les moyens du secteur. Des établissements qui seront un moyen d’apprendre aux enfants la lecture, l’écriture et la compréhension». Pour le patrimoine culturel, plus de 508 pièces ou objets archéologiques ont été récupérés. «23 opérations de détournement archéologique ont été enregistrées durant cette année», a-t-il indiqué. Le ministre de la Culture a, cependant, évoqué la rationalisation des dépenses dans la gestion des festivals. Sur 176 festivals, 83 ont été réalisés. «Pour l’année 2017, les budgets consacrés aux festivals seront réduits, nous soutenons cependant le sponsoring, qui comme on l’a vu à Hassi Messaoud, a été une réussite grâce au soutien de quelques hommes d’affaires. Nous recherchons davantage de nouvelles sources pour le financement des activités afin de sortir de la politique de la gratuité des prestations culturelles», a-t-il noté.
Plus explicite, il dira que les budgets alloués aux festivals devront encore connaître une baisse, jusqu’à 50%, en 2017, afin de « préserver les équilibres financiers », a annoncé lundi à Alger le ministre de la Culture. Sans plus de détails sur les festivals touchés par les réductions annoncées, M. Mihoubi a assuré que cette nouvelle révision à la baisse « n’aura pas d’impact sur leur organisation ». Il a dans ce sens parlé de postures « rentières » dans la gestion de « certains » festivals, considérant qu’il est « nécessaire de revoir les méthodes d’octroi » des budgets, tout en invitant les organisateurs à « chercher d’autres sources de financement » en dehors de l’aide publique. Selon lui, une nouvelle liste détaillée des festivals maintenus pour l’année 2017 devra être annoncée prochainement.
Le ministre a ensuite déclaré que «3 500 activités culturelles ont été organisées malgré les moyens financiers limités». Le conférencier a rappelé que 83 millions de dinars d’aides ont été offerts aux associations culturelles durant l’année précédente. Ainsi, 40 productions théâtrales, 15 cinématographiques ont été financées. «Malheureusement, les travaux réalisés ont été mis en scène ou projeté une seule fois, après cela ils ont été mis de côté. Personnellement, j’encourage les artistes à se battre pour faire connaître leurs travaux», a-t-il fait savoir. Pour l’année 2016, les aides financières ont concerné 149 artistes dans le cadre des subventions sociales. L’enveloppe financière est estimée, selon le ministre, à 8 millions de dinars, une opération menée et subventionnée par l’ONDA. En outre, l’ONDA a accompagné 70 projets pour un montant de 118 millions de dinars.
Pour l’année 2017, le ministre de la Culture a parlé de la révision de la loi 98-04 sur le patrimoine culturel, en plus de la poursuite de la mise en place du centre africain catégorie 2 du patrimoine immatériel de l’Unesco en Algérie. Pour ce qui concerne le théâtre, une révision des textes juridiques régissant le théâtre et l’élaboration d’un programme d’action avec les instituts du théâtre seront au programme pour l’année en cours.