« L’olive algérienne n’a rien à envier à ses concurrentes dans le reste des pays méditerranéens. » C’est du moins ce qu’affirme Mohamed Zoubiri, producteur d’olives dans la willaya de Djelfa, lors de la conférence de presse organisée, hier, à l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRA), à l’occasion du Premier Salon international de l’huile d’olive qui se tiendra du 22 au 25 février prochain, au Palais des expositions, Safex d’Alger.

Plusieurs pays, déjà très avancés dans le secteur oléicole, prendront part à cette manifestation à l’instar de l’Espagne, l’Italie, la Turquie ou encore la Tunisie, qui a déjà accueilli à trois reprises cet évènement. Pour les organisateurs, les objectifs du salon sont avant tout de mettre en avant les potentialités du secteur oléicole en Algérie, puisque, comme l’explique Samir Gani, directeur du salon, l’Algérie n’exploite aujourd’hui que « 18% de son olivier ». «Le baril d’huile d’olive vaut 30 fois le baril de pétrole, et l’Algérie n’exploite que 18% de son patrimoine oléicole, laissant les 82% restants s’évaporer dans la nature ». Pour lui, ce salon a aussi comme objectif de montrer les capacités algériennes en termes de production par la qualité. « Ce salon veut aussi démontrer que l’olive n’est pas prisonnière du nord du pays, que ce soit en termes de quantité ou de qualité, puisque les Hauts-Plateaux et le sud du pays représentent également un grand potentiel pour la production d’olives », dit-il. Le Salon de l’huile d’olive a également pour objectif de fructifier les échanges commerciaux dans le secteur, dans le territoire national ou vers l’international, comme l’indique Samir Gani, qui insiste sur la nécessité pour l’Algérie, aujourd’hui, de « valoriser et promouvoir une meilleure organisation du secteur », mais aussi d’« encourager la coordination entre les chercheurs et les producteurs». C’est pour cela qu’en marge du salon, seront tenues les journées scientifiques Med Mag Olivia sous le thème « Le secteur oléicole : contraintes, enjeux et défis ». Pour Ahmed Ferah, chercheur à l’INRA, les efforts de l’Etat ne sont pas négligeables, mais « les programmes mis en place par ce dernier sont anciens. Ce qui fait qu’aujourd’hui on remarque un espace entre les objectifs et la réalité du terrain ». Selon notre interlocuteur, le secteur a également besoin des «opérateurs privés ». « Il faut encourager les opérateurs privés à investir dans ce secteur », dit-t-il. Il fait remarquer en outre que « les producteurs doivent changer les techniques et le processus de production pour optimiser et améliorer la production ». L’ensemble des présents s’accordent à dire que les méthodes archaïques d’exploitation de l’olive sont néfastes pour la production, en termes de quantité ou de qualité.