L’inflation débute l’année 2017 sur les chapeaux de roues. L’indice des prix à la consommation s’est établi à 8,1% en glissement annuel (janvier 2016-janvier 2017), apprend-on auprès de l’Office national des statistiques.

Il ne s’agit aucunement d’une simple progression attribuable à un quelconque dérèglement des marchés, comme cela était l’idée phare défendue par la Banque d’Algérie, mais les raisons de la fièvre sont à chercher également ailleurs.
De pareils niveaux d’inflation n’ont pas été observés depuis 2012, une année durant laquelle les taux flirtaient dangereusement avec les deux chiffres, sous l’effet direct de la hausse de la masse monétaire qui, elle, était la conséquence directe des fameux rattrapages salariaux de la même année. L’Office national des statistiques nous apprend par ailleurs que l’évolution mensuelle, qui est l’indice brut des prix à la consommation en janvier 2017 par rapport à décembre 2016, a été de 1,8%, soit un taux mensuel plus élevé que celui observé en janvier 2016 par rapport à janvier 2015 qui avait été de 0,8%.
Là encore, il s’agit d’un camouflet pur et simple pour ceux qui défendent mordicus l’idée selon laquelle la pression fiscale contenue dans la loi de finances 2017 ne pourrait être un facteur aggravant pour une inflation qui était déjà problématique en 2016. Sur l’année (février 2016-janvier 2017), le rythme d’inflation s’est établi à 6,7% jusqu’à janvier 2017, ce qui confirme davantage les tendances haussières. Dans les détails d’une situation qui ne fait que se corser davantage pour bon nombre de ménages, les prix des produits alimentaires ainsi que les prix des produits agricoles frais semblent amorcer une montée en puissance, puisque sur les étals, les prix ont connu respectivement une hausse de 6,9% et de 8,53% en janvier 2017 comparativement aux prix de janvier 2016. Les prix des produits agroalimentaires ont quant à eux grimpé de 5,3% à la même période. Pour les produits manufacturés non alimentaires, leurs prix ont augmenté de 10,22% en janvier 2017 par rapport au même mois de 2016, alors que ceux des services ont grimpé de 7,02%.

 

La fièvre de janvier
Cette aggravation des tendances haussières, bien que prévisible, concerne tous les postes, dont les services et les biens manufacturiers, ce qui accrédite l’idée selon laquelle le dérèglement des marchés ne saurait être le seul facteur à l’origine d’une inflation galopante. Les données sont là. Après douze mois de hausse ininterrompue, l’inflation monte encore d’un cran en janvier 2017, premier mois de mise en œuvre des mesures financières et fiscales de l’année, pour atteindre un niveau inégalé de plus de 8%.
C’est la première fois depuis 2012 que le taux atteint un tel niveau. Si l’on rentre dans les détails des tendances de janvier, quelques mouvements importants sont à signaler : les prix alimentaires ont encore augmenté de 2,5% en janvier 2017 comparativement à ceux de décembre 2016, tandis que les prix des produits agricoles frais ont enregistré une hausse de 3,1%, alors que ceux des produits agroalimentaires ont grimpé de près de 2% dans le sillage de l’augmentation des prix des céréales, des dérivés laitiers et des huiles.
Pour les produits manufacturés non alimentaires, leurs prix ont augmenté de 1,8% en janvier 2017 par rapport à décembre 2016, alors que ceux des services ont augmenté de 0,2%.
Un bond qui va bien sûr peser sur le pouvoir d’achat des ménages, pris en tenaille entre le diktat des commerçants et une pression fiscale qui n’a jamais été aussi pesante. Les facteurs de risque qui subsistent encore, dont la hausse de la fiscalité, le renoncement graduel aux subventions et l’érosion monétaire, plaident pour une fièvre qui devrait persister encore durant les prochains mois. A moins que la banque centrale intervienne, comme ce fut le cas en 2013, pour mener des opérations de désinflation susceptibles de faire baisser quelque peu la tension ambiante. Pour rappel, la loi de finances 2017 prévoit une inflation de 4%.