Dans son cycle de conférences et journées d’étude, l’Institut des sciences vétérinaires et science agricole a organisé, samedi, une journée d’étude consacrée à l’antibiorésistance, aussi bien pour la médecine humaine que vétérinaire.

La rencontre qui a eu lieu à la salle de conférences de l’Institut islamique a vu la présence d’un nombreux public constitué essentiellement d’enseignants universitaires et d’étudiants, aussi bien en médecine humaine que vétérinaire, en plus de professeurs et docteurs conférenciers. En effet, toutes les interventions étaient consacrées au sujet principal l’anti biorésistance et la dangerosité de l’abus ou surdosage des antibiotiques. Pas moins de six interventions étaient au programme de cette journée d’étude : «La résistance bactérienne aux antibiotiques, rêves ou réalités ?» par le professeur Kassah Laouar (université de Batna), «L’antibiorésistance, une menace mondiale, professeur» par Aït Hamouda Rabah, «Antibiogramme d’orientation appliqué à quelques pathologies animales», docteur Ayachi Ammar, «Les phytogénques : une alternative aux antibiotiques facteurs de croissance en aviculture», du professeur Aloui Nadir, «La contamination des denrées alimentaires d’origine animale par les antibiotiques», par le docteur Hafid Samir, «La résistance aux antibiotiques du dernier recours chez les bactéries à gram négatif en Algérie», sachant que toutes les interventions ont été suivies par un débat, souvent animé par les étudiants des deux branches. Selon les étudiants présents, toutes les interventions avaient un immense intérêt et traité du même sujet, à savoir l’usage de l’antibiotique et ses effets néfastes en cas d’abus. Le premier intervenant, en l’occurrence le professeur Kassah Laouar, qui a longuement traité et parlé de la résistance bactérienne aux antibiotiques, avait mis l’accent sur la gravité de la situation quant à l’usage, non rationnel et anarchique des antibiotiques. A ce sujet, il nous dit, lors d’un point de presse, que la situation est inquiétante. Et d’ajouter : «Nous sommes face à une situation où un produit, les antibiotiques, qui sont censés nous défendre, risquent de se retourner contre nous et ce pour plusieurs raisons, dont le mauvais usage, l’usage irrationnel, mieux encore, une utilisation à tout-venant à tort et à travers où on préscrit les antibiotiques dans de nombreux cas où ce n’est pas nécessaire.» Le professeur Kessah, pour étayer ses dires, nous donne des chiffres qui sont éloquents quant à la consommation des antibiotiques et, à titre d’exemple, les experts avancent le chiffre de 27 000 morts par an en Europe à cause de l’usage abusif des antibiotiques. Aussi, et selon les mêmes sources, en 2050, on peut avoir 1 décès toutes les 3 secondes, si on ne revoit pas notre consommation à la baisse des antibiotiques. Encore plus alarmant, l’Algérie est classée 3e à l’échelle mondiale en matière de consommation d’antibiotiques, ce qui inquiète beaucoup la famille de la santé. Les conférenciers ont ainsi plaidé pour une utilisation rationnelle, éviter les prescriptions automatiques et l’hygiène des hôpitaux, trois conditions, qui peuvent nous aider à amoindrir notre consommation des antibiotiques.