La tripartite dont les travaux commenceront aujourd’hui à Annaba devrait être un blanc-seing pour le gouvernement. L’Exécutif a élaboré un ensemble de mesures économiques dont il veut avoir l’appui du patronat et de l’UGTA pour les mettre en œuvre, l’objectif étant de mener des réformes aussi consensuelles que possibles.

Le gouvernement estime avoir fait, ces dernières années, des efforts en matière de soutien à l’entreprise, d’emploi et de revalorisations salariales. Aujourd’hui, en ces temps de crise, il s’attend à ce qu’on lui renvoie l’ascenseur. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mohamed El Ghazi, s’exprimant hier sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, a levé quelque peu le voile sur une partie du menu devant être discutée lors de la réunion d’Annaba. Ainsi, il a affirmé que cette tripartite se penchera sur l’évaluation des recommandations et décisions issues de la dernière session et l’examen des alternatives économiques qui permettront à l’Algérie de «surmonter» la crise des cours du pétrole. Comprendre par alternatives économiques, le package de réformes à mettre en route aux fins de diversifier l’économie nationale et de se défaire de la rente pétrolière. Le ministre a d’ailleurs précisé que la session sera également une opportunité pour examiner l’alternative économique au pétrole qui mettra fin à la dépendance aux hydrocarbures et encouragera la diversification de l’économie notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie et services tertiaires. L’Exécutif sait qu’un tel processus, inéluctable, ne saurait être engagé sur quelque fondement que ce soit que s’il a le soutien des principaux partenaires socio-économiques. Le chantier est certes économique. Mais, il a un coût social. Qu’il manque de ressources, le gouvernement ne peut se défausser de ses responsabilités sociales. La 20e session de la tripartite va certainement constituer une tribune de concertation et de dialogue entre le gouvernement, le syndicat et le patronat. Le volet social, elle va en parler. Elle pourrait en conclure que le coût de la réforme serait moins élevé que celui de la non-réforme. L’Exécutif, après avoir posé le diagnostic, et élaboré un «nouveau modèle de croissance économique», semble savoir quelle direction il veut suivre.
Autre point au menu de cette 20e session : l’évaluation de l’application des recommandations et décisions issues de la précédente session tenue en juin 2016 à Alger. En de rares occasions, il arrive que la tripartite fasse une évaluation des décisions prises à la faveur des sessions précédentes. C’est le reproche essentiel que font souvent les experts à la tripartite. El Ghazi a par ailleurs relevé que cette tripartite sera marquée par la participation et, pour la première fois, de représentants des jeunes à travers la Fédération des jeunes entrepreneurs créée en décembre dernier et qui compte 66 000 adhérents. Il a annoncé qu’à l’occasion de la fête de la victoire célébrée le 19 mars, des assises nationales sur la jeunesse sont prévues, faisant remarquer que la Fédération des jeunes entrepreneurs a d’ores et déjà procédé à l’installation de ses bureaux dans 44 wilayas en attendant de finaliser l’opération dans les wilayas restantes. Lors de cette session, il est attendu l’intervention du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, outre les interventions du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche et du ministre de l’Industrie et des Mines sur le développement des réalisations et les perspectives de l’investissement.
A ce propos, il a assuré que l’année 2017 sera caractérisée par les résultats de l’industrialisation et la lutte contre le chômage à travers l’investissement colossal dans le domaine de l’industrie automobile, de la sidérurgie, du ciment et matériaux de construction. Ces investissements permettront à l’Algérie de «générer, en plus de l’emploi, une nouvelle richesse qui assurera la fin de la dépendance étrangère», a-t-il encore dit. S’exprimant sur le dialogue avec le partenaire social, El Ghazi a rappelé la dernière rencontre tenue avec plusieurs Syndicats autonomes des secteurs de la santé, de l’éducation et de l’administration publique et qui a permis, selon lui, la concrétisation de certaines revendications des travailleurs, les autres faisant l’objet d’examen.