Le ministre du Commerce par intérim, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé, hier, de renouvelles restrictions au marché des importation. Il a annoncé que tous les produits achetés à l’étranger seront soumis à la licence d’importance hormis ceux ayant un « caractère essentiel ». Les licences accordées pour l’importation des produits de base tels que la semoule, le blé, l’huile, le sucre, le lait et les médicaments seront renouvelées automatiquement, a-t-il précisé.
La déclaration de M. Tebboune confirme ce qu’affirmait Reporters dans son édition de mardi 14 mars. La généralisation de la licence d’importation qu’il a annoncée fait figure d’une nouvelle barrière pour limiter les achats inutiles et superflus sur les marchés extérieurs. Selon nos sources, l’objectif est de s’attaquer aux produits superflus dont la facture dépasse les 8 milliards de dollars. Ce qui n’est pas rien en cette période de rareté de la ressource en devises.
Selon nos sources également, le département de M. Tebboune aurait dans le viseur une cinquantaine de produits pour économiser l’argent de l’Etat et le destiner au plus utile. L’idée d’un tour de vis aux importations de produits dont les Algériens se passeraient ou qui sont fabriqués localement n’est pas nouvelle. Elle s’est cependant imposée depuis le passage du gouvernement à l’établissement des quotas d’achats à l’étranger de produits alimentaires et non-alimentaires tels que les produits d’hygiène, cosmétiques et autres.
L’objectif annoncé par le Premier ministre Abdelmalek Sellal, rappelons-le, est de ramener la facture des importations entre 35 et 30 milliards de dollars en 2017.
Un expert comme Abdelhak Lamiri, qui s’est exprimé récemment sur le sujet, considère que le tarif de l’équilibre, pour l’Exécutif, serait de 25 à 30 milliards de dollars.
L’annonce de M. Tebboune d’une généralisation de la licence d’importation procède, donc, d’une démarche cohérente, voire obligée. Celle-ci doit cependant être précautionneuse et redouter les effets d’un coup de rabot général aux importations. Les plus redoutés sont la poussée inflationniste et la défiance des partenaires commerciaux de l’Algérie. C’est ce qui explique le discours rassurant du ministre du Commerce par intérim qui considère que ce n’est pas l’importation qui est visée mais les dépenses en dollars et en euros pour des produits inutilement en surabondance.