Entamée depuis le 1er avril courant, avant de prendre fin le 30 juin, la campagne nationale pour les inscriptions des enfants nés en 2011 pour l’année scolaire 2017-2018 concerne plus de neuf cent mille enfants, attendus à intégrer le cycle primaire.

Selon Ameur Ouali, directeur de la population au ministère de la Santé, «en 2011, nous avons enregistré 910 000 naissances». «Evidemment, tous les parents vont inscrire leurs enfants. Et c’est énorme comme chiffre », a reconnu Nabil Ferguenis, président de la Fédération du secteur de l’éducation du Syndicat national des personnels des administrations publiques (Snapap). Ce dernier appréhende la résurgence du « problème de la surcharge des classes, qui sera certainement posé avec l’arrivée de près d’un million de nouveaux écoliers », a-t-il ajouté.
Dans ce contexte, il a tenu à rappeler que la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a annoncé qu’il était prévu, pour le compte de la prochaine rentrée scolaire, « d’annuler le système des classes à double vacation et des classes mobiles dans certaines wilayas ». Ce qui serait « impossible », « sinon comment endiguer le problème de surcharge des classes ? », a-t-il estimé. Pour sa part, Messaoud Amraoui, porte-parole de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation, a tenu à rappeler que, depuis 2003, la tutelle affichait son ambition d’arriver à des classes de 25 élèves. « Il paraît impossible de réaliser cet objectif. Aujourd’hui, nous avons des classes de 50 élèves », regrette-t-il. Une surcharge due, selon M. Amraoui, à « une mauvaise planification de la tutelle et à la croissance démographique ». Mais « outre la surcharge des classes, nous avons un déficit énorme en matière d’encadrement administratif et d’enseignants dans les établissements scolaires ». « Près de 2 000 établissements scolaires demeurent jusqu’à ce jour sans directeur», précise-t-il encore. Un déficit qui s’accentuera avec le départ à la retraite des enseignants, estimé à « 42 000 cette année ». Ces départs, explique notre interlocuteur, sont motivés, voire accélérés, par la décision du gouvernement d’annuler l’ordonnance 97-13 régissant le départ à la retraite sans condition d’âge.
Une inquiétude partagée par M. Ferguenis qui indique, par ailleurs, que «des structures relevant du système éducatif moyen et secondaire fonctionnent avec un manque flagrant de surveillants ». Ce qui serait, selon lui, à l’origine de la multiplication de cas de violence faute «de personnels suffisants de ce corps ». Aussi, à cela s’ajoute, poursuit M. Ferguenis, le fait que des établissements scolaires qui devaient être réceptionnés en septembre dernier ne sont pas encore finalisés. «On va souffrir encore du problème de manque de structures», indique-t-il.