Quelle gauche en Afrique du Nord et au Moyen-Orient aujourd’hui t-elle est la question épineuse à laquelle tentera de répondre la 1er rencontre des organisations populaires et progressiste de la région, qui se tient du 14 au 16 avril à Tunis.

 

Cette rencontre organisée par le Rassemblement pour une alternative internationale en développement (RAID) en collaboration avec le mouvement Sans terre du Brésil et la fondation Rosa Luxemburg a pour objectif de mettre en réseaux les militants issus de mouvances anticapitalistes et anti-impérialistes. Mais aussi de revenir sur les questions qui marquent l’actualité, dans un contexte politique, économique et sécuritaire particulièrement complexe. Cette initiative se veut un espace de débat et d’échange sur des expériences croisées et des analyses au tour de deux grands axes : le premier se présente sous forme d’analyse et de questionnement sur la situation actuelle de la région, à savoir «la crise du système capitaliste mondial et les cycles soulèvement populaire, guerre civile, agression étrangères». Le deuxième se présente quant à lui sous forme de perspective et de réponse à donner à la situation de crise profonde que vit la région, c’est-à-dire créer des réseaux de solidarité militants entre les différente organisations populaires, en mettant en place une stratégie de réflexion et d’action commune. Comme indique Fathi Chamekhi député du Front populaire et membre lors du discoure d’ouverture, «aujourd’hui notre région est le théâtre des expressions les plus atroces de l’impérialisme». Pour lui, cette rencontre est «historique «puisqu’elle permet de lancer «les premiers jalons de dimension internationaliste comme principal support des combats que mènent les militants de la région, pour la démocratie, la justice sociale, contre la dette et les interventions étrangères». D’ailleurs, cet avis est largement partagé par M. Mahar El Tahar, membre de l’OLP, qui déclare que «l’impérialisme et le capitalisme sont de plus en plus sauvages dans la région, et ce, pour maintenir l’hégémonie des grandes puissances sur nos pays», a-t-il relevé avant d’affirmer que «les agressions étrangères «en Irak, au Yémen ou encore en Libye et en Syrie sont les expressions les plus vivantes de cette hégémonie. En effet, cette rencontre permet dans un premier lieu de savoir que la gauche dans la région se porte bien, et ce, en dépit des critiques entendues lors de l’ouverture des travaux, vendredi en milieu de l’après-midi. Il est vrai que la vitalité qu’on peut percevoir chez ces militants venus du tiers-monde qui se caractérise par une volonté autocritique est dans le constat qu’il faut aujourd’hui renouveler le fonds des luttes menées pour arracher les droits aux peuples de la région, en s’inscrivant dans sillage des luttes contre les néocolonialismes sous toutes ses formes. C’est l’avis de la militante du Mouvement démocratique et social Massa Cheballah : «Il est primordial pour la gauche de sortir des slogans et d’être présente dans tous les segments de la société, afin d’apporter une lecture à la réalité en employant les mécanismes de la pensée critique qui correspondent aux contextes régional et mondial dans lesquels nous vivons et qui étranglent les masses populaires dans un chao sans fin comme en Libye et en Irak, caractérisés par les intégristes qui partagent les intérêts communs avec les USA et l’Occident et les monarchies réactionnaires du Golfe». Cela étant dit, que ce soit dans les bruits de couloir ou lors de la plénière, la plupart se sont accordés sur le constat d’échec des régimes autoritaires se réclamant du panarabisme et de la nécessité de combattre l’obscurantisme islamiste avec comme outils la refonte de nouveaux systèmes d’organisation, de nouveaux modes de contestation afin de porter les revendications légitimes des masses populaires dans la région. A cet effet, Khaled Ben Guettaia du mouvement des chômeurs CNDDC algérien explique que son échec est prouvé historiquement : «Il est important d’appeler dans le contexte actuel à une internationale socialiste loin de toute forme de racisme et d’apartheid», avant d’ajouter que le discours de gauche qui circule dans les médias n’est pas représentatif des revendications et aspirations réelles des masses populaires, puisque les partis politiques et autre militants mis en avant sont également dans le consensus avec les bourgeoisies, bureaucrates des pouvoirs en place de la région».n