Le résultat est là. Il était important. L’Equipe nationale n’a pas raté sa première sortie officielle après la désastreuse CAN 2017. Les « Fennecs » se sont imposés face au Togo (1-0) dimanche soir au stade Mustapha-Tchaker (Blida) en ouverture des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2019 prévue au Cameroun. Le succès étriqué et l’EN a vécu une seconde période compliquée.

Il était impératif de bien amorcer le périple vers le Cameroun. Sur le plan mathématique, les Verts ont pris les trois points. Pour ce qui est du contenu, ils n’ont pas été vraiment rassurants. Pas mal d’imperfections ont été relevées. Notamment en deuxième mi-temps après la sortie forcée de Youcef Attal qui a livré une première période de haute facture sur le plan offensif. Et ce, malgré quelques imperfections défensivement. « Nous avons bien démarré la rencontre, en nous procurant un grand nombre d’occasions, mais sans parvenir à les concrétiser. Nous avons essayé de rectifier le tir en deuxième mi-temps, mais les blessures de Attal, qui souffre d’une luxation à l’épaule, et de Sofiane Feghouli ont faussé nos calculs.
Sans cela, je suis convaincu que nous aurions marqué plus de buts. Il est vrai que le rythme a baissé en deuxième mi-temps, mais c’est logique, car non seulement nous sommes en fin de saison, mais c’est aussi le mois de Ramadhan. Par ailleurs, je commence tout juste à instaurer une nouvelle stratégie de jeu, et je pense que les joueurs mettront un peu de temps avant de l’assimiler», a analysé le sélectionneur national Lucas Alcaraz.
Certainement déçu par la prestation de certains joueurs, le driver Espagnol a réaffirmé qu’à ses yeux, « tous les joueurs sont égaux et je ne compte privilégier personne. Seuls les plus en forme joueront. Ceux qui ne le sont pas, qu’ils s’appellent Mahrez ou autre, devront rester sur le banc ». Ira-t-il jusqu’à mettre sur le banc des « indéboulonnables » qui n’ont pas eu le rendement escompté lors des deux rencontres de ce mois de juin ? Telle est la question.

Les carences tactiques
Cela dit, au-delà des déclarations destinées à la consommation, le premier responsable de la barre technique de l’EN a, quelque peu, failli dans sa bataille face à Claude Le Roy. Lors du deuxième acte, le Togo a (trop ?) dominé les camarades de Yacine Brahim qui a exagérément gardé le ballon. Pourtant, dans son rôle, il devait le faire circuler au maximum pour alimenter une attaque sevrée et un Islam Slimani très présent sur le plan athlétique mais qui pèche toujours dans la dernière touche. L’avant-centre de Leicester City n’a, encore une fois, pas réussi à trouver la faille en sélection. Lors des deux sorties de ce mois de juin, le 4e meilleur buteur (25 buts en 49 sélections) de l’histoire
d’«El Khadra » a jeûné dans tous les sens du terme. Inquiétant. D’autant plus qu’il a longtemps été l’atout numéro 1 en attaque. Par ailleurs, le successeur de Georges Leekens sur le banc n’a pas fait preuve de souplesse tactique peinant à s’adapter à la physionomie du match. Alcaraz a même fait jouer Feghouli sur le flanc droit alors qu’il aurait, logique de football oblige, dû incorporer Medjani à la place de Attal et remettre Mandi sur le côté droit de la défense. Chose qu’il était contraint de faire par la suite parce que Feghouli a été obligé de céder sa place après avoir été touché à la cuisse. Toutefois, à la décharge du technicien ibérique, on notera le temps restreint qu’il a eu avec son groupe pour espérer corriger les lacunes d’un « Club Algérie » qui restent flagrantes. « Notre prochain match contre la Gambie est prévu en mars 2018, et nous auront donc largement le temps pour bien nous préparer », a déclaré Alcaraz après le match.
Faut-il rappeler que l’Algérie jouera une double confrontation capitale face à la Zambie (28 août et 2 septembre prochains) pour le compte des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 où elle est très malengagée. A moins que l’entraîneur n’envisage de ne pas jouer le Mondial russe…