Le projet de loi portant amendement de la loi sur la monnaie et le crédit sera soumis au vote de l’APN aujourd’hui. La loi du nombre à l’intérieur de l’hémicycle fera que ce texte passera comme une lettre à la poste par le vote d’une majorité décidée à soutenir coûte que coûte le Premier ministre dans sa gestion de la crise économique actuelle et les moyens de lutte qu’il compte mobiliser.

Ces moyens sont connus depuis plusieurs semaines déjà. Ils ont été présentés et explicités par M. Ouyahia lors de la présentation de son plan d’action devant l’arc parlementaire de l’APN et le Sénat.
Il convient cependant de les rappeler, ici, parce qu’ils signalent dès aujourd’hui le passage du texte à l’application de son contenu. Le début, officiel, aussi, d’une séquence nouvelle et difficile pour l’économie du pays et à laquelle il va falloir faire face avec calme et ingéniosité.
Difficile par la dureté des décisions que les autorités vont prendre ! Il s’agit, en effet, de faire tourner la planche à billets sans contrepartie et production réelle pendant cinq ans. Un long quinquennat, donc. Peut-être moins, si l’Exécutif parvient à réaliser son programme d’investissements publics nécessaires en maîtrisant au plus près les dépenses prévues pour des secteurs clés mais réputés voraces si l’on tient à leur qualité comme l’Education nationale et la santé. L’opération, pour cette raison et d’autres, restera toujours porteuse de risques et ce ne sont pas des opposants au gouvernement qui le disent, mais des experts qui savent quels sont les risques inflationnistes auxquels une telle démarche expose le pays.
Il s’agit, aussi, de chercher de l’argent où il se trouve encore par une taxation de produits qui devaient l’être depuis longtemps déjà comme le carburant et le tabac mais dont le risque social n’est pas exclu. Il est question d’aplanir le terrain pour l’arrivée en masse de la finance islamique, jusqu’ici limitée à quelques établissements bancaires et financiers. Pour cette finance « halal », ce sera au passage le grand test car beaucoup lui prêtent la vertu d’éponger rapidement le grand argent de l’informel. On vérifiera alors si la grande masse de nos concitoyens qui bourrent ses coussins de billets le fait uniquement par souci de conformité aux religieux et aux croyances…
Passons, le grand saut qui commence aujourd’hui, accéléré dans peu de temps par le vote attendu du projet de loi de finances 2018, peut être aussi une source de motivation et d’encouragement pour des réformes plus convaincantes et plus sûres. Une chance pour le pays d’apprendre ses leçons du passé et d’avancer. Les Chinois font des moments de crise une opportunité, pourquoi pas nous ?