Le manque d’investissements dans le secteur pétrolier, ces dernières années, risque d’affecter les approvisionnements à l’avenir. Le P-DG du géant pétrolier saoudien Aramco, Amin Nasser, l’a souligné, hier lors d’une conférence économique à Ryad.

Amin Nasser, précisera, à ce titre, que «peu d’investissements ont été consacrés au secteur de l’énergie (…) Des investissements de 1 000 milliards de dollars ont été reportés ou annulés», avec la chute, ces dernières années, du prix du baril, qui ont perdu plus de la moitié de leur valeur depuis la mi-2014 et évoluent actuellement autour de 57 dollars le baril. Sur ce montant, 300 milliards de dollars auraient dû aller à l’exploration et 700 milliards au développement des gisements pétroliers, a-t-il détaillé.
Pour lui, ce désinvestissement aura un impact sur l’avenir de l’énergie «si rien n’est fait», a-t-il déclaré, en référence à une éventuelle pénurie de pétrole. Le monde aura besoin, selon le premier responsable de ce géant pétrolier saoudien, de plus de pétrole étant donné «l’épuisement naturel des gisements et l’augmentation normale de la demande».
Après un pic à 780 milliards de dollars, en 2014, les investissements dans les projets d’exploration-production ont été réduits de près de 200 milliards, en 2015, et devraient à nouveau diminuer de 140 milliards cette année, selon une grande étude prospective annuelle de l’Agence internationale de l’énergie. En Algérie, l’effondrement du prix du pétrole a contraint le groupe pétrolier Sonatrach à revoir la planification de ses investissements. «Nous allons maintenir les investissements du groupe, mais il faut revoir leur planification, notamment en termes de priorité», avait souligné, en juin dernier, le Président-Directeur général de Sonatrach, Abdelmoumène Ould Kadour, tout en confirmant le programme de 50 milliards de dollars pour les investissements du groupe pour les 5 prochaines années.
«Nous allons peut-être revoir certains types d’investissements.» Pour les nouvelles raffineries, il est prévu, selon M. Ould Kadour, la réalisation du plan en question, dans le cadre de la priorité, estimant qu’il verra la possibilité de concrétiser l’ensemble des cinq nouvelles raffineries ou simplement une partie. La réalisation de la raffinerie de Hassi Messaoud est retenue comme première priorité de ce plan, vient ensuite celle de Tiaret puis, celle de Biskra, dans une seconde étape.
Il faut signaler, à ce titre, que bon nombre d’experts et analystes estiment qu’un prix du baril situé entre 60 et 70 dollars serait bon pour les pétroliers. Ces dernières semaines, les cours du pétrole connaissent, soulignons-le, un certain rétablissement, dû notamment aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient mais aussi aux débats de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Des analystes estiment que le marché est en train de se resserrer et les prix du pétrole sont plus facilement affectés par le risque géopolitique. Depuis le début de l’année, le marché souffre d’un déficit de l’offre d’environ 300 000 barils par jour.
Ce rééquilibrage est principalement dû à l’effort de l’Opep et de ses partenaires, dont la Russie, qui ont décidé, fin 2016, de limiter leur production pour soutenir le marché.
L’accord a déjà été étendu jusqu’à fin mars 2018, mais les investisseurs attendent désormais de voir si les deux figures de proue de l’accord, la Russie et l’Arabie saoudite, arriveront à convaincre les autres participants de continuer le contrôle jusqu’à fin 2018, une option soutenue par le président russe Vladimir Poutine. Un plan pour préparer la fin de l’accord sans effaroucher les marchés devrait, également, être sur la table lors des réunions de l’Opep et de ses partenaires, le 30 novembre à Vienne, selon l’agence Bloomberg, citant des sources proches des négociations.