Fabricants de meubles et acteurs de la filière du bois, des importateurs principalement, en appellent aux autorités pour les soutenir en ces temps de « disette ». Les premiers veulent avoir un accès direct au marché mondial du bois pour continuer d’exister économiquement et les seconds au foncier industriel pour investir dans des unités de fabrication de meubles.

Les fabricants de meubles ont, en effet, demandé au ministère du Commerce de leur délivrer des autorisations pour importer directement la matière première afin de sauver, disent-ils, des centaines d’emplois et d’unités de fabrication, dont beaucoup ont mis la clé sous le paillasson.
Ils tirent la sonnette d’alarme sur la situation de leur petite industrie fortement impactée par l’instauration, en août dernier, de licences d’importation sur le bois. Une mesure qui a conduit à la fermeture de nombreux ateliers de fabrication de meubles, incapables financièrement de s’approvisionner en bois car devenu trop cher.
Durant ces deux derniers mois, de nombreux fabricants envisagent une cessation d’activité après avoir épuisé leurs stocks de matière première. Des menuisiers rencontrés se plaignent même de la pénurie de bois et, lorsqu’il est disponible, de sa cherté. Un distributeur rencontré hier explique que lui-même, à l’instar d’autres métiers liés au bois, est confronté à ce problème de prix : « J’achetais directement auprès des importateurs de bois un mètre linéaire à 500 DA. Maintenant, c’est à 1 200 DA le mètre linéaire. Si cette situation perdure, je ne vais pas tarder à fermer. »
« Les prix ont décuplé et je n’arrive pas à m’approvisionner pour travailler. Après la mesure ministérielle, il y a aussi une spéculation dans les prix du bois », déplore-t-il.
D’ailleurs, le sujet avait été soulevé un mois après la mise en place des quotas d’importations de bois par l’Association de protection du consommateur (Apoce) qui signalait une importante hausse des prix du bois, qui se sont répercutés sur celui des meubles. L’Apoce avait alors indiqué que le mètre cube de bois est passé de 8 000 à 15 000 DA alors qu’un set de chambre à coucher a atteint les 200 000 DA contre 150 000 DA. Il n’en demeure pas moins que les fabricants de meubles disent ne pas s’opposer à l’application des décisions prises par le gouvernement ou par le ministère du Commerce, sauf qu’ils demandent une dérogation afin qu’ils importent eux-mêmes leurs besoins sans passer par des intermédiaires, vu qu’il n’existe pas de véritable industrie de l’ameublement et ne disposant eux-mêmes que de petits ateliers.
Pour leur part, « les importateurs monopolisent l’importation de la matière première et la cède à des prix exorbitants », ce qui se répercute sur les menuisiers qui ne peuvent pas s’approvisionner. Mais d’autres importateurs et des opérateurs de recyclage et de récupération de déchets de bois ont réclamé au ministère de l’Industrie et des Mines une assiette foncière pour la construction d’une « zone industrielle » afin d’y implanter des unités de fabrication de meubles et de développer la filière de l’ameublement. «Plus de 130 importateurs manifestent leur volonté de s’orienter vers la production locale», mais ils réclament l’accès au foncier pour des «sites industriels», nous confie-t-on.