Les coordinateurs africains chargés de la lutte antiterroriste se retrouvent depuis, hier, et ce, jusqu’à mardi, au siège du ministère des Affaires étrangères, pour étudier les menaces terroristes qui planent sur le continent.

Organisé par le Centre africain des études et de recherches sur le terrorisme (CAERT), cette rencontre, la onzième du genre, intervient à un moment particulier, marqué par la menace d’un retour imminent des terroristes affiliés à Daech et chassés récemment de Syrie et d’Irak.
Lors de la cérémonie d’ouverture, Larry Gbevlo-Lartey, représentant spécial de l’UA pour la coopération antiterroriste et directeur du CAERT, a estimé que la solution militaire ne constituait pas la réponse exclusive au terrorisme et au radicalisme. Pour lui, cette réponse doit prendre en compte d’autres aspects, à l’instar de la bonne gouvernance que les Etats africains se doivent d’appliquer.
L’orateur reconnaîtra que l’extrémisme et le terrorisme sont devenus un véritable défi pour le continent. Il relèvera que l’activité des groupes terroristes s’est dangereusement et grandement développée, profitant de sources de financement nouvelles (prises d’otages, trafic de drogue…).
De son côté, El Haouas Riache, représentant du ministère des Affaires étrangères, a affirmé que « nous appelons les Nations unies à criminaliser le paiement des rançons aux groupes terroristes ». Un appel, maintes fois, lancé par l’Algérie, mais qui ne trouve pas écho, notamment chez les pays qui, bizarrement, s’impliquent militairement dans le continent. L’orateur a mis en garde contre le retour des terroristes affiliés à Daech dans la région, rappelant la triste expérience vécue par l’Algérie.
Pour sa part, l’ambassadeur Smail Chergui, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, a rappelé que la menace terroriste plane toujours sur le continent et qu’il est du devoir des responsables africains de travailler davantage en vue d’y mettre un terme.
Même s’il affirme que des progrès ont été enregistrés sur les plans continental et international, il n’en demeure pas moins que, selon lui, cette menace compliquée persiste, dans la mesure où elle est en constante évolution. Il en voudra pour preuve l’extension du champ d’action des groupes terroristes et la multiplication de leurs actes ces deniers temps, à l’image de ce qui s’est récemment passé en Egypte, en Libye, au Mali, au Niger, au Nigeria et en Somalie.
Pour Smail Chergui, les groupes terroristes, afin de pouvoir survivre et se développer, recourent souvent à des réadaptations de leurs stratégies pour contourner les efforts déployés par les Etats dans la lutte anti-terroriste.
M. Chergui indiquera que la jonction entre les groupes terroristes et les réseaux de grand banditisme a permis un développement dangereux de l’activité terroriste. L’argent tiré de ce trafic a grandement aidé les groupes terroristes dans leur structuration et leur développement. Pour lui, cette tendance irait grandissant tant que les Etats africains ne combattent pas efficacement l’extrémisme et les conditions qui le favorisent.
Pour rappel, Oran avait abrité, la semaine dernière, une rencontre africaine consacrée justement aux réponses à apporter aux menaces terroristes. Les recommandations de cette rencontre vont être soumises aux chefs d’Etat lors de leur prochain sommet prévu à Addis-Abeba, fin janvier prochain.