Le verrouillage du marché local de l’assemblage automobile et sa limitation à 10 opérateurs seulement, 5 pour les véhicules particuliers (VP) et 5 autres pour les véhicules utilitaires (VU), avait été, en fait, opéré bien avant l’annonce de cette mesure par le Premier ministre, jeudi dernier, lors de l’inauguration de la Foire de la production nationale.

La liste des heureux élus avait déjà été transmise aux ministères concernés à travers une note d’Ahmed Ouyahia, avant sa sortie de la fin de la semaine dernière au Palais des expositions de la Safex. Il l’avait exploitée pour justifier les choix de l’Etat et sa réplique sensiblement sélective vis-à-vis de la soixantaine de projets d’usine d’assemblage déposés auprès des autorités concernées.

Sur la liste des opérateurs sélectionnés pour intervenir dans la branche VP figurent Renault Algérie Production, dont l’usine oranaise de Oued Tlelat comptabilise déjà trois années d’activité, Tahkout Manufacturing Company, assembleur de Hyundai depuis 2016, Sovac Production (VW-Seat-Skoda), activant à Relizane depuis juin dernier, Peugeot Citroën Production Algérie (PCPA), qui entamera ses activités au premier trimestre 2018, et Nissan Algérie, qui sera domiciliée également à Relizane et devrait voir son usine commencer l’assemblage fin 2018.
La capacité des cinq usines VP sélectionnées est appelée à atteindre les 435 000 unités à terme, tel que précisé dans les documents présentés pour l’obtention des agréments. Les usines de VW, Peugeot et Hyundai ont misé sur 100 000 véhicules chacun, contre 75 000 pour Renault et 60 000 pour Nissan.
Toutefois, Renault Algérie Production a revu à la hausse ses volumes maximaux, qu’elle devait atteindre en 2019, mettant la barre, à son tour, à hauteur de 100 000 exemplaires à l’horizon 2022.
Quant à la liste des assembleurs VP, le gouvernement a retenu les projets d’Ival Industrie (Iveco) implanté à Bouira, la SPA Savem, du groupe Haddad pour la marque Astra, appartenant également à l’italien Iveco et connue pour ses camions robustes et destinés à des tâches dures et spécifiques, les frères Salhi dont l’usine d’assemblage Man est opérationnelle depuis plusieurs années, la Sarl Isram des actionnaires Maala et Lamari basée à Batna, l’Eurl GM TRADE des associés Mazouz et Namroud, basée à Sétif, pour la marque Schacman pour les camions, les autobus de la marque Higer et les véhicules utilitaires de la marque Chery.
A noter dans la liste globale, l’absence de deux filiales de Global Group que sont Gloviz, assembleur des véhicules Kia, et Global Motors Industrie (GMI), représentant de Hyundai Trucks & Bus. Les deux entités sont pourtant opérationnelles et leurs produits issus de l’usine de Batna sillonnent déjà les showrooms et les salons depuis le début de leurs activités, à savoir juin 2016 pour GMI et juin 2017 pour Glovitz. Contacté hier, un responsable de Global Group nous dira que son entreprise n’a pour l’instant rien reçu de concret. « Nous ne pouvons pas réagir à une note dont nous ignorons l’existence », précisera notre interlocuteur.
A noter qu’en plus de dévoiler la liste des usines sélectionnées, la note du Premier ministère fait savoir à que « toute autre entreprise activant dans ce domaine qui n’a pas obtenu l’accord formel des services du ministère de l’Industrie et des Mines, ni reçu l’accord du Conseil national de l’investissement (CNI) est considérée en situation irrégulière et devra cesser ses activités », précise la note du Premier ministre. Dans ce sens, le même document instruit les administrations concernées, et notamment celle de l’industrie et des mines pour « prendre les dispositions nécessaires pour que lesdites entreprises cessent d’importer les intrants nécessaires à leurs activités ».