La consécration de Yennayer « journée nationale chômée et payée », décrétée par le président de la République, a été largement saluée dans la wilaya de Boumerdès. Les échos qui nous sont parvenus de différentes régions font état de l’expression de satisfaction et de joie auprès des citoyens, des partis politiques, des associations et des étudiants.

A l’exemple de la localité de Naciria, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Boumerdès, où les habitants, connus pour leur combat pour la reconnaissance de l’identité amazighe dans toutes ses dimensions, étaient heureux de voir enfin Yennayer consacrée journée nationale chômée et payée. « Nous avons toujours célébré Yennayer comme il se doit, et sa consécration comme journée nationale n’est que légitime après de grandes luttes menées depuis longtemps », nous ont déclaré des jeunes, rencontrés dans un café de la ville, en précisant que le combat continue pour recouvrer toute l’identité amazighe. Mohamed Zitouni, un militant dans le mouvement associatif de la commune de Chabet-El-Ameur, a exprimé sa satisfaction tout en déplorant le retard mis pour reconnaître Yennayer, une journée millénaire, célébrée pourtant dans tout le pays.
« L’académie et la généralisation de l’enseignement de la langue tamazight, annoncées également à la même occasion, doivent faire l’objet de tous les moyens nécessaires, notamment financiers », a ajouté notre interlocuteur. Il a salué ces acquis arrachés après de longues luttes de militants de la cause amazighe. Il n’a pas omis d’évoquer sa méfiance quant à la volonté politique réelle du pouvoir pour la mise en place de tous les moyens, notamment financiers, pour que la langue tamazight ait toute sa place dans son pays. « Nous considérons que c’est une victoire qui est le fruit d’un long combat qui a pris racine au sein du peuple pour recouvrer son authentique identité amazighe, longtemps occultée par les tenants du pouvoir », nous a déclaré Si Youcef, un cadre syndical du Cnapeste. « Le combat a pris racine, certes, il y a longtemps, mais il continue à faire son chemin jusqu’à la reconnaissance politique et pleine de l’identité, la langue et la culture amazighes en Algérie et dans tout le nord de l’Afrique », a-t-il ajouté, en exprimant sa pensée aux illustres défenseurs de l’identité amazighe dans toutes ses dimensions, à l’exemple des écrivains Kateb Yacine, Mammeri et d’autres. Le sentiment de satisfaction est exprimé par notre interlocuteur qui a rappelé que la culture tamazight est synonyme de valeurs humanistes, de liberté, de paix et d’amour des autres, contrairement aux islamistes intégristes et radicaux qui prônent la haine et la violence. L’ex-président d’APC de Timezrit et ex-militant du FFS, Brara Amar, dira que la consécration de Yennayer est arrachée grâce aux combats des militants de la cause amazighe et, en particulier, les dernières actions des étudiants. « Les étudiants ont mis devant le fait accompli le pouvoir qui n’avait d’autre choix que de répondre favorablement à une revendication légitime », dira-t-il. Expliquant que « le pouvoir a agi sous pression et non par conviction, en recours comme d’habitude aux jeux politiques d’équilibre, l’achat de la paix sociale et faire passer d’autres messages politiques. En dépit de cette consécration et l’annonce de la création de l’académie et de la généralisation de l’enseignement de tamazight dans tout le pays, les étudiants de l’université ne vont pas baisser les bras. Ils comptent organiser d’autres actions de protestation jusqu’à la satisfaction totale des revendications relatives à l’installation de l’académie avec tous les moyens notamment financiers pour la généralisation de l’enseignement de la langue tamazight dans tout le territoire », a-t-il précisé. « C’est une grande victoire pour tout le peuple algérien car cette fête est célébrée dans toutes les contrées du pays », nous a déclaré M. Hamlat, un élu Front El Moustakbel de l’APC de Corso. Il ajoute que « beaucoup de temps a été perdu pour rendre à César ce qui appartient à César. Cette consécration est l’aboutissement d’un long combat de militants pour la cause amazighe dans toutes ses dimensions ». « Le pouvoir est mis devant le fait accompli et ne doit pas fuir ses responsabilités quant à la mise en place de tous les moyens pour que cet élément important de notre identité retrouve la place qui lui revient dans le pays », expliquera-t-il.
En exprimant sa grande satisfaction quant à la consécration de Yennayer, journée nationale chômée et payée, et la volonté exprimée par le Président pour la création de l’académie et la généralisation de l’enseignement de tamazight dans tout le pays, cette décision va renforcer sans aucun doute l’unité nationale, prédit-il.