La phase de poules de la Coupe d’Afrique des nations 2018 (CAN-2018) de handball a pris fin lundi soir à Libreville avec une seule surprise, celle du pays organisateur, le Gabon, qui a réussi à se qualifier en quarts de finale en terminant à la 2e place de son groupe.

Avant le début du tournoi, personne ne misait un kopeck sur cette qualification, de surcroît à la seconde place devant une équipe algérienne qui, malgré un retard dans la préparation, pensait à un facile passage en quarts de finale. Il n’en fut rien et les Verts se sont inclinés face au Gabon lors de la 2e journée (26-25), hypothéquant à ce moment-là sérieusement leurs chances de terminer comme dauphins. «Contre le Gabon ça a été difficile au moment où certains s’attendaient à une promenade de santé. Notre seule erreur est que nous ne pensions pas un instant à la défaite», a reconnu l’ailier gauche algérien Riyad Chabour. Mais les hommes de Jackson Richardson, que les adversaires accusent de bénéficier d’un coup de pouce des arbitres, ont démontré qu’ils avaient énormément progressé et qu’un travail de fond était en train d’être effectué par le staff technique et la Fédération gabonaise de handball, eux qui avaient terminé derniers de leur poule en 2016 au Caire avec un zéro pointé. Ils ont pu compter aussi sur un public en délire qui n’hésite pas à envahir les tribunes du Palais des sports de la capitale gabonaise pour tirer vers le haut son équipe favorite, laquelle a failli néanmoins tout anéantir, n’était le nul arraché in extremis face au Cameroun lundi soir (29-29).

La Tunisie assure
Vice-championne d’Afrique en titre, la Tunisie a terminé en tête de la poule A mais a laissé transparaître quelques lacunes inquiétantes, notamment face à l’Algérie (25-25) quand elle s’est contentée du nul et était même menée par deux buts d’écart à la 55e minute (23-21). La déception du groupe est venue du Cameroun, un habitué des quarts de finale mais qui n’ira pas au-delà du premier tour au Gabon. Critiqué par la presse de son pays après l’élimination, l’entraîneur camerounais Simon-Burchard Menguede a rétorqué qu’il avait réussi à débarrasser les Lions indomptables de l’étiquette d’équipe violente, lui permettant de jouer au handball au lieu du «hand boxe».

Imperturbables Egyptiens
Dans le groupe B, l’Egypte a, sans surprise, remporté ses quatre matchs du premier tour dont celui face à l’Angola (25-20), l’un des candidats au podium et adversaire de l’Algérie en quarts de finale. «Autre chose que le titre sera un échec pour nous. Les choses sérieuses commenceront à partir des demi-finales. Comme toujours, il va falloir se méfier de la Tunisie et de l’Algérie, nos deux principaux concurrents», a indiqué le handballeur du Zamalek, Yahia Mahmoud Khaled. La logique a été respectée dans cette deuxième poule, l’Angola, en progression ces dernières années chez les messieurs, a signé trois victoires au premier tour face au Nigeria (29-16), au Maroc (32-21) et à la RD Congo (28-23) contre une seule défaite devant les Pharaons, terminant juste derrière ces derniers au classement. Le Maroc, drivé par l’ancien international tunisien Sayed Ayari, a récolté quatre points de deux victoires et deux défaites, prenant la 3e place dans un groupe où les deux premiers tickets étaient promis aux Egyptiens et Angolais.
La dernière place qualificative au 2e tour est revenue à la RD Congo grâce à sa victoire devant son concurrent direct pour les quarts de finale, le Nigeria (28-21), dimanche lors de la 3e journée.
Le premier tour archivé, les choses sérieuses vont commencer dès mercredi à l’occasion des quarts de finale où le moindre faux pas est synonyme de sortie du tournoi et d’élimination de la course au Championnat du monde 2019, prévu en Allemagne et au Danemark.
Des quarts de finale dominés par le choc entre l’Algérie et l’Angola, tandis que l’Egypte et la Tunisie vont évoluer sur du velours contre respectivement le Congo et la RD Congo. Le dernier match de ce tour étant Gabon-Maroc, pour permettre au pays organisateur de continuer de rêver d’atteindre pour la première fois de son histoire le dernier carré. Avant le début du tournoi, le Gabon était une petite nation de la discipline, intégrant sur le tard la CAN. Son meilleur classement reste la 6e place obtenue lors de sa première participation en 2000 à Alger.