Le tourisme culturel a été au centre de la rencontre «Le tourisme culturel : partenariat au service de la destination Algérie» tenue hier à Alger à l’hôtel El Aurassi en présence des ministres de la Culture et du Tourisme.

Un sujet considéré comme l’un des axes de la relance du tourisme en Algérie dans le but de parvenir à des «propositions concrètes et applicables sur le terrain», ont soutenu les ministres Azzedine Mihoubi et Hacène Mermouri. Et ce, en mettant en avant les atouts culturels du pays qui pourraient, selon eux, insuffler une nouvelle dynamique à l’activité touristique, à l’image des sites historiques classés, des institutions muséales ou encore des activités culturelles telles que les festivals. En effet, présentant cette nouvelle orientation vers un «tourisme culturel», qui devrait être intégré dans la prochaine réforme de la loi sur le patrimoine, comme un objectif rendu nécessaire par la politique de diversification de l’économie suivie par l’Algérie, mais également par les mutations mêmes du tourisme mondial, Hacène Mermouri, précisera dans sa déclaration d’ouverture que le tourisme «a changé de forme au cours de ces dernières décennies». L’Algérie doit aujourd’hui trouver les moyens d’accompagner l’apparition du «tourisme de découverte». Il s’agira concrètement pour les deux secteurs de trouver les mécanismes afin de confier certains espaces, dépendant aujourd’hui du ministère de la Culture et classés sur les listes du patrimoine national ou mondial, à la gestion d’entreprises spécialisées pouvant être privées. L’objectif étant d’accueillir des touristes algériens et étrangers dans un cadre professionnel. En ce sens, le ministre de la Culture a précisé que la protection des sites relevant du patrimoine restera, dans tous les cas, une priorité. L’exploitation, dira-t-il, «doit respecter les cahiers des charge, les lois, et  prendre en compte la fragilité du patrimoine culturel (…) L’objectif est de trouver un équilibre entre l’intérêt économique et la protection de l’héritage». Il a également fait savoir que la concrétisation du projet réunissant les deux secteurs devra prendre forme au niveau local. «Nous avons besoin de mettre en place au niveau local des méthodes de travail communes afin de fournir un service de qualité aux visiteurs et relancer les activités telles que l’artisanat (…) Avec le ministre du Tourisme, nous travaillons à l’élaboration d’une vision globale de la question», l’un des premiers objectifs étant en ce sens la formation des guides touristiques.
«Des formations de guides existent à l’heure actuelle, notamment dans la formation professionnelle, mais le ministère de la Culture souhaite apporter un appui et une expertise scientifique plus importantes», explique le ministre de la Culture. Le projet de développement du «tourisme culturel», avait été, pour rappel, évoqué par le ministre de la Culture dès le mois de mai 2015, dans le contexte des réductions des budgets alloués au secteur de la culture. La rencontre, organisée hier, a également été l’occasion pour Azzedine Mihoubi d’annoncer la finalisation et la publication prochaine d’une carte géographique référençant l’ensemble les sites d’intérêt dans le cadre d’une activité touristique.