Le cri de détresse de Maître Ali Yahia Abdenour, qui se dit «empêché de régulariser la situation de son appartement» qu’il occupe depuis 1962, n’a pas manqué de susciter un vaste élan de solidarité au sein des militants politiques, des chercheurs universitaires, mais aussi de plusieurs acteurs de la société civile de la wilaya de Béjaïa.

En effet, de nombreux militants des droits de l’Homme, des syndicalistes, des élus, des militants politiques et autres animateurs associatifs, viennent de se regrouper autour d’un «collectif de défenseurs de Maître Ali Yahia Abdenour», en vue d’organiser des actions de solidarité en faveur de ce doyen des militants des droits de l’Homme et de la démocratie, âgé de 97 ans.
«Devant la cabale orchestrée par le régime contre le plus vieux militant algérien, nous collectif d’associations, reconnaissantes à Maître Ali Yahia Abdenour son dévouement, son abnégation, son sens élevé du patriotisme et son parcours patriotique, nous nous insurgeons contre de telles pratiques indignes d’un Etat de droit», notent les premiers signataires d’une pétition de soutien et de solidarité envers Me Ali Yahia, initiée à Béjaïa.
Dans leur première déclaration, ces militants de Béjaïa lancent un appel à tous les citoyens de la région pour rejoindre cet élan de solidarité, tout en promettant d’organiser des actions de rue afin d’exiger «la régularisation de la situation de l’appartement de Me Ali Yahia Abdenour, conformément à la réglementation en vigueur».
Notons également qu’à l’issue d’une réunion, tenue jeudi dernier, au niveau du siège de l’APC de Sidi Aich, des militants politiques et associatifs ont proclamé la création d’un collectif de soutien en faveur de maître Ali Yahia Abdenour «qui risque, à l’âge de 97 ans, une expulsion de l’appartement qu’il occupe depuis l’Indépendance». Il est à préciser qu’outre les militants associatifs et les étudiants, plusieurs élus locaux, dont les maires de Chemini, Tinebdar, Sidi Aïch, Akfadou, ainsi que le président du bureau régional du RCD à Béjaïa, se sont joints à cette initiative.
Par ailleurs, le café littéraire de Béjaïa a rendu publique une déclaration dans laquelle il tient à «dénoncer et condamner le pouvoir qui veut spolier le grand défenseur des droits humains, Me Abdenour Ali Yahia, de son droit d’acquérir le logement qu’il habite depuis 1962». Pour les animateurs de ce café littéraire, ce déni de droit, frappant un vieux militant de 98 ans, «est une manière de châtier un homme intègre, opposant et opposé à ce régime mafieux par son humanisme, son engagement à défendre, au prix de sa vie parfois, toute victime d’ostracisme politique quelles que soient ses convictions idéologiques». Compte tenu de la gravité de «l’injustice» visant l’un des fondateurs de la première Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme en 1985, qui lui a d’ailleurs valu une année de prison, «il est de notre devoir de manifester une solidarité digne de la grandeur que fut son œuvre militante», note-t-on  dans ladite déclaration.
Les responsables du café littéraire de Béjaïa indiquent qu’« une action unitaire de protestation pourrait être envisagée dans les jours qui suivent, à Alger même, devant le domicile de Me Ali Yahia, pour lui exprimer notre soutien et l’aider à arracher son droit à acquérir son propre logement sans se courber devant l’administration que le pouvoir instrumentalise pour régler ses comptes avec ses opposants».