Le Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, a convoqué, selon des sources médiatiques, les ministres de la Santé, M. Mokhtar Hasbellaoui, et de l’Enseignement supérieur, M. Tahar Hadjar, pour discuter du dossier des médecins résidents en grève depuis sept mois.

Après plusieurs semaines de suspension du dialogue avec les autorités de tutelle, les médecins résidents n’ont pas manqué d’afficher leur optimisme quant à cette nouvelle. «On espère que cette rencontre va nous aider à sortir de la crise», a déclaré le Dr Hamza Boutaleb, représentant du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra). Il a fait remarquer que lorsqu’un responsable rejette une revendication, il est dans l’obligation de donner des propositions alternatives pour trouver une issue à la crise. Une chose est sûre, l’annonce de cette rencontre avec le Premier ministre a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux. Certains pensent que l’intervention d’Ouyahia augure d’une avancée pour trouver des solutions et mettre fin au débrayage. D’autres, par contre, se sont montrés pessimistes, en estimant que l’intervention du Premier ministre « va encore empirer la situation » et « la grève va perdurer ».
Pour en revenir à l’adoption hier, de la nouvelle loi sanitaire par les membres du Conseil de la nation, le Dr Boutaleb a choisi de ne pas se prononcer sur cette question, notamment par rapport à l’avis des sénateurs sur le service civil. En effet, ces derniers ont insisté sur la nécessité de maintenir ce service pour « éviter un désert médical » et diminuer l’inégalité d’accès aux soins entre les régions Nord et Sud. Les sénateurs, qui ont adopté cette nouvelle loi, ont appelé à mettre en place un plateau technique performant pour faciliter le travail des médecins résidents et des spécialistes.
Le ministre de la Santé, M. Mothtar Hasbelloui, qui animait une conférence de presse en marge du vote au Sénat, n’a pas voulu s’exprimer sur le dossier des médecins résidents, expliquant que la conférence de presse est dédiée uniquement à l’adoption de la loi sur la santé.
Mais une partie des revendications des médecins résidents relève aussi du ministère de l’Enseignement supérieur. En effet, ils réclament l’amélioration de leur formation post-graduation.
Au début du mouvement de protestation des médecins résidents, M. Hadjar avait annoncé que son département prendra en charge les revendications pédagogiques des médecins résidents, notamment leur droit aux œuvres sociales. Et il a fait savoir que « les portes du dialogue demeurent ouvertes ». Mais, depuis, rien n’a été fait.
Par ailleurs, le Camra a publié un communiqué, hier, en réponse aux attitudes et intimidations des responsables des établissements de santé. Il explique que « des chefs de service ne peuvent pas remplacer les médecins résidents contrairement à ce qu’ils font croire ». Concernant la menace de non-validation de l’année académique, le Camra a rappelé que l’ensemble des médecins résidents ont exprimé leur détermination à continuer leur mouvement. Ils ont voté lors des assemblées générales « oui » pour l’année blanche.