Galette, petit-lait, dioul, rayeb, r’fiss, gâteaux, pâtisseries et autres produits « maison », que proposent généralement des bambins en vacances depuis la fin des compositions du troisième trimestre, inondent les espaces commerciaux et les environs immédiats des marchés couverts de toutes les agglomérations de la wilaya de Mila, en ce mois de Ramadhan.

Ces préparations maison se vendent comme des petits pains, trop souvent sur commande quand la qualité y est, et que le petit vendeur se fait une notoriété dans une spécialité. Les bambins, pas seulement les fils de pauvres, mais pratiquement tous les autres dont certains appartenant à des couches sociales plus que moyennes, aisées parfois, s’en donnent à cœur joie, vantent leurs produits et jurant qu’ils sont de bonne qualité. Leurs cris s’entendent à tous les coins, étouffant ceux des autres commerçants. Les agents du commerce chargés du contrôle et les services de sécurité les laissent agir à leur guise.
Que peut-on contre des enfants. Ce ne sont que des enfants en quête de gagne-pain pour leurs familles et, à défaut d’être contrôlés, sont pris en pitié. Cette façon d’agir des contrôleurs encourage les enfants à faire commerce de tout.
Ces petits vendeurs ne sont-ils donc pas des petits commerçants informels ? Pourquoi ne sont-ils donc pas pris en chasse ? Trop souvent ces enfants sont exploités par des adultes pour la revente de produits, moyennant une ristourne. Les agents du commerce et les services de sécurité ne le savent-ils donc pas ? Mais ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que ces bambins achètent en deuxième et troisième main avant de revendre aux prix qu’ils décident, tous, d’un commun accord. C’est dire que leur innocence n’est pas aussi innocente que certains le croient.
Ce sont de véritables experts es commerce. Tous les gamins, en ce mois sacré, deviennent commerçants, passant immanquablement de spécialistes « produits maison », à d’autres commerces plus fructifiant leur permettant de se remplir les poches.
« Pendant le Ramadan, je me fais beaucoup d’argent, cela me permet de me payer quelques jours de vacances au bord de la mer, de m’acheter des fringues et des articles scolaires, d’aider mes petits frères et de m’offrir quelques petites folies, et ce, au prix de ma sueur ».
C’est le refrain, généralement repris par tous les petits vendeurs à la question de savoir s’ils se font de l’argent ou pas. Gagne-pain ou vrai commerce ? La question reste posée.