Pas moins de 10 000 couffins en alfa ont été distribués, hier, au niveau de la capitale pour tenter d’inciter les citoyens à abandonner l’utilisation des sacs en plastique, nuisibles à la santé et à l’environnement.

Il est vrai que ces sacs dits à usage unique sont un véritable fléau dans un pays où le ramassage et la gestion des déchets ne sont pas au même niveau que dans les grandes capitales européennes. D’ailleurs, les Algériens en consomment 5,5 milliards par an, selon la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatima-Zohra Zerouati, qui a d’ailleurs, effectué hier une visite de terrain au niveau de la capitale, accompagnée par le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh. Une visite qui entre dans le cadre de la Journée mondiale de l’environnement dont le thème était «la pollution plastique», un sujet qui tombe à pic avec le Ramadhan. En effet, selon le responsable du département, «cette sortie vise à attirer l’attention du public sur une préoccupation environnementale particulièrement d’actualité». D’autre part, les services de son département ont distribué pas moins de 10 000 couffins en alfa dans différents points qu’elle visités avec le wali. Il s’agissait notamment des marchés populaires du 1er-Mai, de Birkhadem, d’El Harrach ainsi que celui de Bab Ezzouar.
Pour réussir ce pari, le département Zerouati a mis à contribution tous ses collaborateurs et a lancé, depuis des mois, une campagne de communication de grande envergure. Elle ajoutera que «cette action vise aussi à venir en aide aux artisans qui ont du mal à commercialiser leurs produits authentiques faits à la main». Selon elle, «il n’y pas mieux que le bon vieux couffin et les fameuses bouteilles en verre pour mettre fin au massacre du plastique contre Dame Nature».
Poursuivant son intervention, elle affirmera que «la concrétisation de ce projet de couffins, produits à base d’alfa et de feuilles de palmier nain, doit s’étaler sur une période de plusieurs années». Soulignant qu’«il sera réalisé en partenariat avec le ministère du Tourisme et de l’Artisanat et celui de l’Environnement». «Le financement de l’opération peut être assuré par le biais du fonds de dépollution», a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, le ministère de l’Environnement est, de toute manière, disposé à offrir des incitations, notamment en matière d’exonérations fiscales, à ceux qui s’engagent dans la transition technologique et le recyclage de leur production, a-t-elle ensuite garanti. Pour information, le sachet en plastique noir est pointé du doigt comme facteur de pollution. L’article 53 de la loi de finances pour 2004 a institué une taxe de 10,50 DA/kg sur les sacs en plastique importés ou produits localement. Le produit de cette taxe va au Fonds national pour l’environnement et la dépollution, et la somme collectée sert à financer un système public, appelé «Ecojem», de reprise, de recyclage et de valorisation des déchets d’emballage, qui doit permettre la prise en charge d’une partie importante des déchets recyclables. Selon les chiffres fournis par les services de l’environnement, on peut récupérer jusqu’à 130 000 tonnes de plastique par an.