Représentant 40% des 709 448 candidats à l’examen du baccalauréat, les candidats libres ont brillé, en cette session 2018, par un fort taux d’absentéisme et cela dès le premier jour, aux épreuves de langue arabe et sciences islamiques.

Un fait qui vient appuyer et justifier la dernière décision prise par Nouria Benghebrit concernant la limitation de leur nombre. En effet, en prenant connaissance du nombre très important de candidats libres, la première responsable a annoncé son intention de mettre en place certaines mesures pour pouvoir garantir un certain équilibre. «Pour l’instant, les candidats libres passent le Bac autant de fois qu’ils veulent, mais dans le cadre de la réorganisation (des examens) une proposition sera faite de manière à donner la possibilité à ces candidats de ne passer le Bac que deux fois et de jouer sur le taux d’inscription à partir de la 3e tentative pour les candidats libres», a-t-elle déclaré sur les ondes de la Radio nationale.
Pour les deux premiers jours du baccalauréat, les candidats libres ont battu tous les records en matière d’absentéisme. Rien que dans la wilaya d’Oran, ils étaient 2 265 candidats à ne pas s’être présentés aux centres d’examen. La même chose à El Oued, où 2 177 absences ont été signalées. Quant à Ghardaïa, 942 candidats libres se sont absentés sur un total de 11 332 candidats attendus. Véritable saignée également enregistrée à Tizi Ouzou, avec 1 955 absents, et à Bouira, 1 553. Interrogé sur ce phénomène, de nombreux syndicats du secteur ont indiqué que l’absence des candidats libres est devenue presque une «routine». Le record d’absentéisme avait déjà été atteint lors de la session exceptionnelle du Bac 2017, «où plus de 80% des inscrits ne se sont pas présentés le jour J». «Cela n’a rien de nouveau, cela a toujours été le cas. Les candidats libres sont, en général, des fonctionnaires qui s’inscrivent à l’examen du Bac pour pouvoir bénéficier de cinq jours de congé. Il y a aussi une autre catégorie de candidats qui se retrouve occupée lors de cette période.
D’autres sont parfois appelés au service national», a fait savoir Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). Sadek Dziri, président de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef), a estimé qu’il était «grand temps de faire le ménage» par le tri des candidats. «Nous observons ce phénomène depuis déjà quelques années, où l’on se retrouve à chaque examen du bac avec un nombre important d’absents, surtout dans les rangs des candidats libres. Ceci est une véritable perte de temps et d’argent», a-t-il déploré.
Le syndicaliste n’a pas manqué de saluer la décision de la ministre qui a, dans ce sens, évoqué la possibilité de revoir à la hausse les frais d’inscription pour les candidats libres.

Quelques incidents la 2e journée d’examen
Lors de la deuxième journée du baccalauréat, après deux épreuves passées dans la sérénité la plus totale avec des sujets faciles, l’épreuve de mathématiques a été une véritable douche froide pour les candidats qui ont jugé le sujet «difficile». Que ce soit dans les filières scientifique ou littéraire, de nombreux candidats ont affirmé avoir rencontré de grandes difficultés pour résoudre les problèmes proposés dans les deux sujets. «Nul ne s’attendait à un sujet facile, c’est quand même des mathématiques et c’est le Bac, mais là, c’était le choc. Après cette épreuve, j’avoue que je suis découragé», a fait savoir Anis, candidat rencontré au lycée Okba-Ibn Nafaâ. S’agissant des syndicats du secteur, à l’instar du CLA et l’Unpef, ils ont jugé les sujets de mathématiques «à la portée d’un élève de niveau moyen».
En plus d’avoir été particulièrement difficile pour les candidats, la deuxième journée du baccalauréat s’est caractérisée par quelques incidents qui ont sérieusement contrarié les candidats. Par un excès zèle sans précédent, le chef du centre d’examen du lycée les Frères Amarani à Batna, a décidé tout simplement de retirer aux candidats leurs calculatrices graphiques non programmables qui sont un outil de travail autorisé pour les élèves dans les branches scientifiques.
A Khenchela, c’est un candidat non-voyant qui a fait les frais d’un problème de logistique qui l’a privé de passer l’examen.
Désemparé, le jeune candidat n’a pas hésité à interpeller la ministre de l’Education qui a donné le coup d’envoi de l’examen depuis cette ville. Touchée par les faits et l’histoire du candidat, Nouria Benghebrit s’est engagée personnellement à aider le jeune homme l’an prochain. Aujourd’hui, troisième journée de l’examen du Bac, les candidats passeront l’épreuve de sciences durant la matinée et celle d’anglais l’après-midi.