La célébration de l’indépendance de l’Algérie a toujours constitué une halte dans l’histoire pour évoquer la question des relations entre l’Algérie et la France, marquées par une colonisation qui a duré cent trente années mais aussi par la farouche détermination qui animait un peuple jusqu’au bout de la libération.

Une détermination payée à fort prix de sacrifices et érigée en cas d’école pour d’autres peuples en quête d’indépendance. D’où cette question mémorielle qui continue à dominer les liens passionnels et passionnés entre les deux pays, particulièrement depuis que le président français n’a pas hésité à aborder ce sujet incommodant pour ses prédécesseurs au palais en appelant par leur nom les souffrances causées par la France aux Algériens en les classant dans le triste registre des crimes contre l’humanité.
Une sortie opérée alors qu’Emmanuel Macron se trouvait en Algérie dans le statut de candidat à la présidentielle, avant de reconduire, un peu plus tard, le même discours dans son costume-cravate de chef d’Etat français en confirmant son engagement pris au profit de la question mémorielle, considérée, à juste titre, comme axe primordial sans lequel aucune relation de confiance entre les deux pays ne pourrait se construire.
Il s’agit pour la France de reconnaître ses crimes, alors que le peuple algérien est en droit d’exercer son devoir de mémoire envers ses ancêtres, tombés en résistants, emprisonnés ou déportés, dépossédés de leurs terres et de leurs biens.
Des actions ont été engagées dans ce sens, à l’exemple de la demande officielle faite par l’Algérie à la France pour la restitution des crânes des résistants algériens du XIXe siècle et les archives de 1930 à 1962, et le président français n’a pas manqué de faire part de la disposition de son pays à y répondre favorablement.
Trois commissions mixtes ont été mises sur pied pour examiner et élucider tous les contentieux liés à la question mémorielle. Elles sont engagées notamment autour de la restitution des archives, l’indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires dans le Sahara algérien et les disparus algériens durant la guerre de Libération nationale.
Beaucoup de choses restent toutefois à faire dans cette question mémorielle entre l’Algérie et la France qui a tout d’un océan d’actes atroces subis par un peuple colonisé.