Le coup d’envoi de la 15e édition de ce Festival Raconte-arts, intitulée « Tizi n laryah » (Les vents hurlants), a été donné dans la soirée d’avant-hier, aux environs de 18 heures, au niveau de la placette du village de Tiferdoud dans la commune d’Assi Youcef.

Prisé année après année, le Festival annuel Raconte-arts est devenu une tradition qu’abrite les villages de Haute-Kabylie en vue de les faire sortir de leur léthargie, mais aussi encourager les jeunes porteurs de petites idées dans les différents arts (musique, théâtre, littérature…) à exposer leurs œuvres.

Pas moins de 420 artistes algériens et étrangers devront animer ce village perché à plus de 1 189 mètres de la meilleure façon qu’elle soit avec la culture de la bonne humeur. Plusieurs groupes et artistes seront au rendez-vous avec la population locale qui devra, sans doute, se rendre massivement au niveau de Tiferdoud, ce village qui a été sélectionné « le plus propre » au concours Aïssat-Rabah en 2017, qui sera hautement coloré et artistique jusqu’à la fin de cette manifestation qui s’étalera jusqu’au 26 du mois en cours. En effet, c’est dans une ambiance très conviviale et pleine d’émotion que s’est déroulée la cérémonie d’ouverture de la 15e édition du Festival Raconte-arts, et ce, en présence des autorités locales à leur tête, le chef de daïra d’Iferhounen. Cette manifestation pluridisciplinaire, organisée par la Ligue des arts cinématographiques et dramatiques de Tizi Ouzou, va abriter de nombreuses activités durant cette semaine. En plus des rencontres-débats programmées, la nouveauté de cette nouvelle édition est bien l’animation de rue et le défilé des poupées géantes qui sillonneront les ruelles de ce village, c’est du moins ce qu’a affirmé Arezki Idihce, responsable de la Ligue des arts cinématographiques et dramatiques. La deuxième nouveauté de ce festival, la journée de demain sera consacrée entièrement aux activités artistiques présentées par les villageois de Tiferdoud. « Durant cette journée, nous serons spectateurs de ce que présenteront les villageois eux-mêmes », dira Hacène Metref, directeur de la manifestation. Alors que le programme de la soirée de la même journée sera consacré à la projection d’un film intitulé « Allumez les lumières, nous avons soif de voir ». Il s’agit d’une déambulation nocturne aux bougies dans les ruelles du village.

97 artistes étrangers venus de 14 pays
Les organisateurs de ce festival ont exprimé leur satisfaction quant aux conditions dans lesquelles s’est déroulé le coup d’envoi de cette nouvelle édition, qu’ils ont qualifié « de très bonnes ». « Nous sommes très contents de l’accueil chaleureux qui nous a été réservé par la population locale de Tiferdoud », dira Arezki Idiche. Avant d’enchaîner : « Nous souhaitons que cette édition sera un exploit. Pour cela, nous invitons la population à venir en masse assister aux activités qui sont riches et instructives et animées par les artistes algériens venus de 25 wilayas du pays, mais aussi celles présentées par les étrangers qui sont au nombre de 97 venus de 14 pays. « Je dirais que cette édition sera pleine, que ce soit en activités ou en émotion ».

« Un hymne à la citoyenneté » et à la diversité
Pour Arezki Idiche, la manifestation est « un hymne à la citoyenneté ». De son côté, M’barek Menad, membre de la ligue organisatrice, souligne que c’est là « un nouveau défi que nous (les organisateurs) relevons aujourd’hui en perpétuant l’existence de cette dynamique enclenchée il y a 14 ans et qui suscite toujours un intérêt vivace auprès des citoyens ». « C’est un honneur pour nous d’accueillir la manifestation et nous avons mobilisés tous les moyens, humains et matériels, nécessaires pour sa réussite », a indiqué de son côté Mohamed Salem Sadali, membre du comité du village.
Pour rappel, ce Festival Raconte-arts a été lancé en 2004 à partir de la localité d’Ath-Yenni et, actuellement, il est devenu un évènement incontournable pour les jeunes artistes kabyles. A souligner, qu’après l’allocution officielle du chef de daïra d’Iferhounen, représentant des instances publiques, durant laquelle il a exprimé l’engagement des pouvoirs publics d’encourager ce genre d’initiatives qui visent à promouvoir la culture et l’identité algériennes.
Le président de l’Assemblée populaire de Wilaya (APW), Youcef Aouchiche, a salué, lui, l’initiative en relevant que « pareilles manifestations sont à encourager car elles renforcent le lien social et ravivent la participation citoyenne dans la gestion de la chose publique », affirmant que l’institution qu’il préside « est prête à accompagner et soutenir ce genre de festivités». Par la suite, c’est Denis Martinez qui a pris la parole dans sa communication intitulée « Iqarmouden ou une histoire de tuiles » (Intervention graphique sur 35 vieilles tuiles du village qui seront installées sur l’un des murs de l’ancienne tajemaat du village). Ensuite, place au septième art avec la projection en plein air du film « Carnaval fi dechra » de Mohamed Oukassi. Quant au programme de la journée d’hier, elle a été marquée par une ballade contée « Les chemins de la résistance ». Une ballade qui s’est ébranlée de la Maison de Fadhma Nsoumeur à Ouerdja et ira jusqu’à Tachkirt, lieu de la bataille victorieuse des résistants sur les troupes du maréchal Randon. D’autres activités, comme l’espace d’expression et de rencontres comme « Un auteur-un livre » ou encore des conférences et tables rondes comme celle intitulée « La femme, un combat éternel pour l’amour et la liberté » animée par Samira Bendris, avec la participation de Farida Safiddine et Lazhari Labter, au foyer de jeunes Kamel-Amzal, ont marqué la journée d’hier. Par ailleurs, une conférence-débat du journaliste écrivain Arezki Metref a été prévue pour aujourd’hui dans une table ronde sous le thème « La question berbère aujourd’hui », suivie d’un spectacle de rue « Le pommier des orphelins » avec la Compagnie des rues et des rêves d’Akbou, etc. Ce qui est sûr, cette édition s’annonce riche en activités artistiques dans une belle ambiance.