L’Afrique reste bien loin de la position qui devrait être la sienne dans le système commercial maritime mondial, et ce, malgré les potentialités énormes que possède le Continent noir, notamment en matière de ressources humaines, relève la Conférence des Nations unies sur le commerce (Cnuced) dans un rapport publié sur son site Web.

«L’Afrique ne parvient pas à peser sur le commerce international. Pourtant, le continent, qui concentre la plus forte population jeune au monde et la deuxième population mondiale, a une formidable chance à saisir», relève la Cnuced dans son rapport 2018 sur le commerce.
Partant du principe que le commerce de l’Afrique est lourdement dépendant des navires et des ports, l’organisme onusien plaide pour un renforcement de la navigation, des ports et de l’accès à l’arrière-pays qui permettrait à la croissance démographique et l’intégration régionale de promouvoir réellement le commerce maritime africain.
«Même si le continent ne représente que quelque 2,7% du commerce mondial en valeur, il contribue bien davantage au commerce maritime mondial en volume, puisqu’il compte pour 7% dans les exportations et 5% dans les importations par voie maritime», notent les auteurs du rapport, avant d’expliquer que le commerce maritime africain est façonné par la forte concentration des échanges du continent et leur faible diversification. «C’est ainsi qu’en 2017, 40% des marchandises exportées par mer étaient constituées de pétrole brut, alors que plus des deux tiers des importations étaient composées de marchandises sèches (vrac sec et marchandises conteneurisées) et près de 20%, de produits pétroliers et de gaz», détaillent-ils dans ce sens.
En outre, le transport maritime et les ports africains «ne sont pas toujours conformes» aux tendances et aux normes mondiales, précise-t-on encore, estimant toutefois que l’Afrique peut accroître le volume de son
commerce conteneurisé et de son trafic portuaire et devenir exportatrice de marchandises conteneurisées, en diversifiant ses activités économiques et en s’intégrant davantage dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
«Les ports à conteneurs et les réseaux de transport de l’arrière-pays doivent appuyer ces efforts en modernisant leurs infrastructures et leurs services et en améliorant leurs performances, pour correspondre aux normes internationales», préconise la Cnuced qui note, qu’en dépit de ses efforts pour accroître sa part de marché dans le commerce maritime, l’Afrique reste le parent pauvre de la flotte mondiale, d’autant qu’«aucun pays africain ne figure parmi les 35 nations qui possédaient les flottes les plus importantes en 2017».
Le rapport de la Cnuced insiste néanmoins sur les potentialités propres au continent qui peuvent le hisser à une place «importante» dans l’économie mondiale. Sont cités dans cette logique «le dividende démographique, les ressources naturelles, les investissements croissants et les engagements financiers liés aux infrastructures de transport, notamment de la part de la Chine».
Mais pour que ces atouts, et autres, puissent servir à améliorer leur intégration dans le commerce maritime mondial, les pays africains doivent «préparer leurs ports à accueillir de plus grands navires, en engageant des travaux de dragage pour accroître leur tirant d’eau et en veillant à ce qu’ils soient équipés des matériels de manutention appropriés», préconise la Cnuced. Le continent doit également «améliorer l’accès à l’arrière-pays et aux pays sans littoral, en faisant appel à une approche multimodale du transport». Il doit aussi «construire des infrastructures de transport terrestre et se doter de technologies et de solutions numériques pour faciliter le transport et le commerce, réduire les inefficacités, améliorer les processus et accroître la transparence», conclut le rapport de l’organisation onusienne. <