A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, que l’Algérie a célébrée hier, à l’instar du reste de la planète, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, a encore affirmé que la production agricole du pays s’est « nettement améliorée » durant les deux dernières décennies grâce à la politique adoptée depuis le début des années 2000 et « l’intérêt » accordé au secteur.

Cette production est estimée en valeur à 3 000 milliards de dinars aujourd’hui, contre 350 milliards de dinars en 2000, a précisé M. Bouazghi. Il affirmera ainsi, chiffres à l’appui, que les objectifs du gouvernement sont d’assurer «l’autosuffisance alimentaire». Une sécurité qui passe aussi par la diversité et la qualité des produits, a souligné le ministre. « La diversité et la qualité de nos produits agricoles sont conformes aux standards internationaux, ce qui les a qualifiés à pouvoir concurrencer à l’étranger et à être exportés », a-t-il dit, soulignant que « la production locale couvre les besoins du marché national » et que « l’excédent est destiné à l’exportation ». Dans son intervention, Abdelkader Bouazghi n’a pas manqué d’appeler les citoyens à « changer » leur comportement de consommation, et ce, en cessant particulièrement «le gaspillage alimentaire ». De son côté, le représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en Algérie, Nabil Assaf, a souligné hier l’importance d’intensifier les efforts visant à éradiquer la faim dans le monde, d’autant que les derniers chiffres indiquent que les cas de faim chronique et de malnutrition sont en augmentation. En effet, ce sont 821 millions de personnes, soit une personne sur neuf, qui souffrent de faim chronique, a précisé M. Assaf, alors qu’au même moment, 1,9 milliard de personnes sont en surpoids dont 672 millions d’adultes obèses, soit 1 personne sur huit », a-t-il a ajouté. M. Assaf a appelé la FAO et ses partenaires à « multiplier » les efforts collectifs en vue de créer des opportunités qui permettraient à tous de mener une vie saine et productive ». Un discours inscrit au compte du slogan choisi cette année pour célébrer la JMA, «Agir pour l’avenir ; la faim zéro en 2030, c’est possible ».
Le représentant de la FAO est revenu sur les coûts des produits alimentaires pour noter qu’ils sont en augmentation et de mauvaise qualité, ce qui « menace la sécurité alimentaire dans le monde », s’est-il inquiété, avant de citer d’autres phénomènes qui participent à cette menace, entre conflits, événements climatiques extrêmes et autres récessions économiques.
Des données inquiétantes qui poussent l’agence onusienne et ses partenaires à proposer des actions concrètes à destination des gouvernements, des agriculteurs, du secteur public et de la société civile. Il s’agit particulièrement «du renforcement des programmes de protection sociale pour les pays, du soutien aux producteurs alimentaires et de l’adoption de meilleures habitudes alimentaires », a indiqué Nabil Assaf.