Ayant fortement réagi à la circulaire introduite par le ministère de l’Education nationale, appelant les écoles à ouvrir leurs portes les samedis et mardis après-midi pour venir en aide aux élèves en difficultés, les syndicats du secteur, et après avoir eu des précisions indiquant que les enseignants n’étaient pas obligés d’assurer ce travail supplémentaire, n’ont pas manqué d’exprimer leur «totale incompréhension » face à cette décision.

«Si cela n’est pas obligatoire qui va donc assurer ce travail ? Je ne pense pas que cela va réussir. Il faut que ces heures supplémentaires soient rémunérées, nous ne sommes plus dans les années 70 pour faire du volontariat. Il faut que l’enseignant qui fait cet effort soit récompensé », a fait savoir Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national des professeurs de l’enseignement technique et secondaire (Snapest). Le syndicaliste n’a pas manqué d’exprimer ses doutes quant à la pertinence d’une telle mesure, qui intervient dans un cadre particulier et assez tendu. « Dispenser des cours de soutien ne résoudra pas le problème d’assimilation des élèves, il faut prendre le problème à la racine et aller vers une réelle refonte pédagogique », a-t-il précisé. Un avis complètement partagé par le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) qui a aussi soutenu l’idée de « rémunérer les heures de travail supplémentaires ».
Le syndicat, qui a tenu hier une journée de protestation, exigeant de la tutelle la concrétisation de ses promesses, a annoncé avoir atteint un taux de suivi de 100% auprès de ses adhérents. En effet, d’après un communiqué parvenu à notre rédaction, le nombre d’enseignants grévistes aurait atteint 18 900 sur l’ensemble du territoire national, tandis que celui des élèves privés de cours, 400 000. Rappelons que la ministre a précisé que cette circulaire n’est pas obligatoire, mais le choix de son application revient au professeur, relevant que ses services avaient relevé que plusieurs enseignants avaient effectué des séances de remédiation pédagogique, en vue d’améliorer l’instruction scientifique de leurs élèves. Car, poursuit la ministre, ces séances ont eu lieu, d’ailleurs, en réponse aux revendications d’une grande catégorie d’enseignants.

La formation au cœur des réformes
En visite de travail à El Oued, la ministre, abordant la question de la réforme du baccalauréat, a écarté la faisabilité de la chose pour la session 2019, en indiquant que des changements sont prévus pour l’année 2020.
S’agissant de la formation, que la tutelle aspire à améliorer, elle a rappelé l’importance de la formation pédagogique et la qualité de la performance d’orientation des inspecteurs dans l’amélioration du rendement pédagogique à l’école.
Dans ce sillage, Mme Benghebrit a affirmé que son département ministériel accordait un intérêt particulier au mécanisme de la formation notamment au profit des inspecteurs et directeurs d’établissements scolaires, partant de leur rôle important dans la réalisation des objectifs visant à concrétiser le projet d’une «école de qualité ».
La ministre a aussi souligné, à ce propos, l’intérêt accordé par ses services à la concrétisation de cette stratégie de formation en faveur de cette catégorie en vue d’améliorer les pratiques pédagogiques à l’intérieur des classes, renforcer les compétences de médiation et de règlement des conflits et ce, eu égard au rôle important de ces catégories dans « la résolution des conflits entre les élèves, les enseignants, les parents d’élèves et l’administration ».