Reporters : Vous avez tenu samedi dernier le conseil national des  gérants des auto-écoles. Quels sont les points  discutés ?

Zineddine Aoudia : Lors de ce conseil, les représentants des auto-écoles des différentes wilayas ont discuté du nouveau cahier des charges du ministère des Transports concernant l’activité des auto-écoles. Une note a été adressée aux directeurs de wilaya, exigeant l’application de ce programme dès janvier 2019. Après avoir décortiqué ce programme, nous avons trouvé plusieurs problèmes. Certes nous avons proposé l’augmentation des heures de formation à 55 heures, mais nous avons également exigé à ce que cette mesure soit accompagnée par une autre très importante, celle de l’unification des tarifs. Ce qui n’existe pas dans ce nouveau programme.
Un autre souci, le ministère exige dorénavant que les auto-écoles soient dotées de véhicules de moins de trois ans. Ce qui n’est pas du tout évident pour nous. Car il faut savoir que les véhicules des auto-écoles ne sont utilisés que pour les examens donc même les véhicules de dix ans sont toujours neufs. Le ministère exige également dans ce programme pour les auto-écoles une surface de 25m2 pour les locaux, ce qui n’est pas évident non plus.

Que pensent les gérants des auto-écoles de ces nouvelles mesures ?

Les gérants rejettent ces trois points, c’est-à-dire l’augmentation des heures de formation sans unifier les tarifs, exiger un véhicule de moins de moins se trois ans et un local d’une surface de 25m2.

Qu’avez-vous décidé ?

Nous avons, au terme de notre réunion, rédigé une plateforme de revendications qui sera transmise dans les jours à venir au ministère des Transports. Si ces revendications ne sont pas prises en charge, nous allons tenir une assemblée générale qui décidera des actions à prendre par la suite. Ce que nous déplorons aussi est le fait qu’un point très important n’a pas été annoncé dans le nouveau programme, celui du manque des circuits d’examen. Si ces nouvelles mesures sont appliquées, plusieurs moniteurs seront mis à la porte. Uniquement dans la wilaya d’Alger, et considérant qu’il y a 670 auto-écoles qui emploient au minimum 2 moniteurs, appliquer ces mesures insensées voudrait dire la mise au chômage de pas moins de 1 340 moniteurs dans la capitale et absence d’emploi pour toutes les promotions de moniteurs qui sortent tous les 45 jours.