Le jeune Mahjoubi Ayache, tombé mardi 18 décembre dans un puits artésien à M’Sila, a finalement rendu l’âme avant-hier, dimanche, après cinq jours de suspense et d’angoisse qui se sont emparés de la population locale.

La nouvelle est tombée tel un couperet dans la région natale de la victime, qui n’a pu être sauvée malgré les moyens tant humains que matériels engagés dans l’opération de recherche de son corps, enfoui dans un forage de plus de 100 mètres de profondeur et de 35 centimètres de diamètre, dans le village d’Oum Cheml, commune d’El Houamed, à 75 km au sud-ouest de M’Sila. Contrairement aux informations relayées par certains médias et les réseaux sociaux, faisant état de la «démission totale» des autorités de M’sila face à ce drame, le directeur de l’information et des statistiques à la Direction générale de la Protection civile, le colonel Achour, a tenu à remettre les pendules à l’heure, en affirmant, hier : «Tous les protocoles et délais d’intervention ont été respectés pour sauver le jeune Mahjoubi Ayache (…)» Selon lui, il y a eu la mise en place d’un poste de commandement relié avec la Direction générale de la Protection civile et une cellule de crise reliée à la wilaya de M’Sila. «Chaque intervenant a assumé sa part de responsabilité», a souligné ce responsable lors de son intervention sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. L’orateur a nié l’existence de toute «défaillance» pour secourir le jeune Ayache, assurant que «tous les moyens ont été réquisitionnés par la wilaya. Tous les techniciens spécialisés en hydraulique et ceux pratiquant ce genre de forage ont été associés à l’opération de secours, afin d’expliquer la nature du terrain». Détaillant les différentes étapes d’intervention, le colonel Achour explique que «suite à l’appel reçu mardi à 13h40, faisant savoir que l’unité secondaire de la Protection civile de Beni Serrour, appuyée par celle de Bou Saâda, s’est dépêchée sur les lieux avec des plongeurs pour s’enquérir de la situation exacte, le chef d’unité de Bou Saâda a informé son supérieur», à savoir le directeur de la Protection civile de la même localité, lequel s’est «immédiatement» rendu sur les lieux. Ce dernier, une fois sur place, a recommandé d’adopter une technique spécifique de sauvetage.
La caractéristique du puits a «empêché l’avancée rapide des opérations de sauvetage», a-t-il déploré, avant d’ajouter qu’«après détection de la présence du jeune homme, la première mesure a été de l’alimenter en oxygène, lui permettant ainsi de survivre pendant cinq jours». L’invité de la Chaîne III a précisé que «le sauvetage a été contrarié par la particularité géologique de la région». Pour lui, l’opération de sauvetage n’a pas échoué, dès lors qu’il a été «impossible d’engager les secours à partir de la surface car il y avait risque d’effondrement et d’éboulement. Il a fallu creuser lentement pour atteindre la victime en vie, tout en évitant de mettre en péril la vie des sauveteurs».
Toutefois, le représentant de la Protection civile reconnaît l’existence de «questions auxquelles il faudra trouver des réponses à travers l’enquête devant déterminer les circonstances exactes de l’accident», exprimant son «entière confiance en la police scientifique en charge de la diligenter». L’intérêt des résultats de l’enquête, a-t-il soutenu, étant d’«éviter que d’autres incidents similaires ne se produisent à l’avenir et de prévoir des mesures préventives pour cela».