Par arrêté du wali, référencié sous le N° 5890 et daté du 31/12/2018, les marchés à bestiaux hebdomadaires (en l’occurrence ceux d’El Aricha, Belhadji Boucif, Sebdou, Zenata, Tlemcen, Hennaya et Maghnia, n.d.l.r), implantés sur le territoire de la wilaya sont fermés depuis le 31 décembre 2018.

Cette mesure provisoire de (30 jours à compter de la date indiquée ci-haut) revêt un caractère préventif et intervient suite à la propagation d’une double épizootie parmi le cheptel, à savoir la fièvre aphteuse et la peste des petits ruminants(PPR), connue également sous le nom de peste caprine. En vertu de cet arrêté, tout déplacement du cheptel est interdit sur le territoire de la wilaya, sauf s’il s’agit d’un transport vers les abattoirs effectué par les éleveurs qui doivent être munis d’un certificat sanitaire dûment visé par l’inspection vétérinaire. Dans ce cadre, les éleveurs sont tenus d’aviser expressément les services de la DSA de tout cas (avéré ou suspecté) de fièvre aphteuse ou de PPR. Pour leur part, les services municipaux (APC), en l’occurrence les BCH, sont instruits à cet effet de réunir les conditions idoines et mobiliser les moyens humains et matériels pour prendre en charge le transport des bêtes mortes, le creusage des fosses communes, l’incinération des cadavres, la désinfection par chaulage des sites contaminés… Il faut savoir que la fièvre aphteuse est une maladie virale animale contagieuse, généralement non mortelle, voire bénigne qui affecte notamment les bovins, les chèvres, les moutons et d’autres animaux (les chevaux n’y sont pas sensibles et les hommes très rarement). Quant à la peste dite des petits ruminants, c’est une maladie touchant principalement les chèvres et les moutons. Elle est causée par le virus de la PPR du groupe des Morbillivirus, sous-espèce de mononegavirales ; la PPR est enzootique en Afrique de l’Ouest, où elle est connue depuis longtemps sous le nom de « Kata » (catarrhe). En 2008, des foyers ont été signalés au Maroc. Le 2 août 2012, un foyer a été signalé en Tunisie, précisément à Sidi Bouzid. A noter que 118 cas de mortalité parmi les agneaux et les caprins, fortement suspectés de peste des petits ruminants, chez 18 éleveurs, ont été déclarés à Sidi Bel Abbès, une wilaya limitrophe de Tlemcen. Il faut savoir que Tlemcen, qui est voisine de la wilaya de Naâma à vocation pastorale, compte une région dédiée par excellence à l’élevage du cheptel. On ignore si le cheptel de la cité des Zianides a été infecté par ces deux maladies animales, abstraction faite de la question de la disponibilité des vaccins. Selon une source proche de la DSA (celle-ci étant injoignable), aucun cas n’a été décelé parmi le cheptel ovin de la wilaya de Tlemcen qui compte 700 000 têtes. Il y lieu d’indiquer, dans ce sillage, l’installation d’une commission de vigilance, de veille et de suivi au niveau du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche à l’effet de suivre l’évolution de la situation sanitaire et épidémiologique, notamment dans les wilayas steppiques qui disposent de millions de têtes d’ovins, à l’instar de Djelfa, El-Bayadh, Saïda et Naâma. Dans ce sillage, un état d’alerte est déclaré au niveau des services de sécurité, tous corps confondus (police, gendarmerie, armée), notamment sur l’axe Sebdou-Nâama, pour veiller à cette restriction et vérifier la conformité et la validité des documents sanitaires. Par ailleurs, il convient de souligner que la Caisse régionale de mutualité agricole (CRMA) de Tlemcen avait lancé en août dernier (2018) une campagne de sensibilisation sur la fièvre aphteuse au profit des éleveurs du bétail. La campagne animée par des cadres et des vétérinaires locaux de la Caisse avait ciblé des éleveurs de bétail assurés et non assurés pour leur fournir tous les conseils préventifs afin d’éviter des risques de propagation de la fièvre aphteuse aux bovins, ovins et caprins. Dans ce sillage, signalons que quelque 560 215 têtes ovines ont été vaccinées, en 2018, dans la wilaya de Tlemcen, contre la clavelée (ou variole ovine). Ces ovins, élevés dans différentes communes de la wilaya, ont été vaccinés au titre de la campagne de vaccination contre la clavelée, qui a duré d’avril à août dernier, selon l’inspection vétérinaire auprès de la DSA. D’autre part, rappelons que cinq cas de brucellose (ou fièvre de Malte) furent enregistrés au mois d’août 2010, au niveau de la structure sanitaire d’Ouled-Mimoun.
Les malades, originaires de Sidi- Snouci, une localité à vocation pastorale, avaient consommé du lait de vache non pasteurisé (contaminé). n