Le wali de la wilaya de Constantine a été catégorique : « Il n’y a pas d’épidémies animales au niveau de la wilaya, ni fièvre aphteuse ni peste des petits ruminants, et ceux qui disent le contraire veulent provoquer une panique qui n’existe pas ».

Il faut dire que les rumeurs les plus folles ont circulé à propos de la double épidémie qui affecte le cheptel, en général, et celui de Constantine, en particulier. Certains alarmistes avaient même avancé une contamination du bétail constantinois à un taux qui dépasse les 80%. Finalement, le wali, dans une intervention devant les membres de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), a remis les pendules à l’heure en faisant taire les appels au loup dont se délectaient certaines mauvaises langues. Nous avons pu vérifier au niveau de l’abattoir communal que les épidémies signalées ne concernent pas pour le moment Constantine. Le wali a devancé les choses en fermant les marchés à bestiaux de la wilaya de Constantine, voulant contenir des épidémies qui, finalement, n’ont pas franchi les limites de Constantine, tout comme les bêtes destinées à l’abattage ou à la vente, provenant d’autres wilayas. « C’est vrai que Constantine est pour le moment à l’abri des épidémies. Il faut persévérer et ne pas faire d’exceptions pour laisser d’autres bêtes, qui pourraient être contaminées, pénétrer sur les marchés à bestiaux de la wilaya », nous dira Mehdi Djenna, un vétérinaire de la ville des Ponts. Et de poursuivre : « Il y a aussi un autre vecteur de transmission des virus de la fièvre aphteuse et de la PPR que la plupart ne soupçonnent pas. Il s’agit des vétérinaires eux-mêmes, qui, passant d’un cheptel contaminé à un autre sain, se font malgré eux et malgré les mesures de prophylaxie, qu’ils connaissent pourtant, transmetteurs de virus », poursuivra notre interlocuteur. Il est, en effet, notoire que les éleveurs se passent volontiers des visites et conseils des vétérinaires pour faire des économies de bouts de chandelle. Ils ne reconnaissent leur compétence que lorsque des pathologies mortelles affectent leurs bêtes. «Malheureusement, il y a des confrères qui profitent de la situation et s’installent au niveau de plusieurs fermes en tant que sauveur. Ils vont faire des injections de rien du tout, un antibiotique pour les moins cupides, faisant croire au miracle, alors que les virus peuvent être prévenus par des vaccins avant contamination, mais ne seront jamais guéris après infection », nous expliquera Mehdi Djenna. En parlant de vaccins, des doses contre la fièvre aphteuse ont été ramenées et injectées à plusieurs têtes de bétails, avons-nous appris. Mais dans la précipitation ou la non-connaissance du domaine vétérinaire, des doses ont été injectées dans des foyers où sévit la PPR alors que d’autres où la fièvre aphteuse est bien installée attendent toujours. C’est comme si on traitait un sujet diabétique avec de la cortisone pour une inflammation sévère des bronches… En tout cas, des instructions fermes ont été données aux directions concernées pour que le cheptel constantinois échappe aux deux fléaux qui se sont abattus sur les ovins, caprins, et à moindre mesure, les bovins. n