Le ministère de l’Education nationale compte répondre uniquement aux revendications d’ordre pédagogique et que par conséquent les revendications socioéconomiques soulevées par l’Intersyndicale ne peuvent être satisfaites.

La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit a affirmé, jeudi, qu’elle est disposée à discuter les revendications « pédagogiques » uniquement. Le reste des revendications ne relève pas de ses compétences, et donc elles ne seront pas prises en charge par son département ministériel. « La revendication liée au pouvoir d’achat et à la loi sur la retraite « ne relève pas de la compétence ni de la responsabilité du ministère », a-t-elle précisé, avant d’ajouter que les rencontres prévues par les partenaires sociaux ne devont pas sortir du cadre pédagogique.
Selon la ministre, l’objectif principal est d’assurer « la scolarisation des élèves dans des conditions favorables » et ce, à travers « le dialogue et la concertation », relevant que « l’ouverture des portes du dialogue est une réalité que le secteur œuvre à concrétiser avec les partenaires sociaux et le personnel de l’Education ».
A une question sur la préoccupation des parents d’élèves, concernant l’appel à la grève lancé par le Collectif des syndicats autonomes du secteur, la ministre a affirmé que le principal objectif du ministère était de « garantir aux élèves une scolarisation stable et sereine », ajoutant que la grève « déstabilise les élèves, car constituant un facteur de démotivation ». Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali, avait déclaré, jeudi, que les syndicats ne représentant pas 20% des employés, conformément à la loi, « n’ouvrent pas droit à présenter une plateforme de revendications ni à participer aux négociations, mais peuvent, cependant, activer pour gagner davantage de militants». Dans une déclaration à Reporters, le président de l’Union nationale du personnel de l’éducation nationale (Unpef), Saddek Dziri, a indiqué que la rencontre avec la ministre, qui s’est déroulée jeudi, n’a pas abouti à des avancées notoires. « Neuf heures de discussions n’ont pas permis de trouver un terrain d’entente qui éviterait le recours à la grève », regrette-t-il. Expliquant les raisons de l’échec du dialogue, Dziri dira que le ministère a refusé de donner une suite favorable aux principales revendications soulevées par son syndicat et ses partenaires. Du coup, il annonce le maintien de la grève prévue le 21 du mois en cours. « L’échec de la négociation signifie pour nous le maintien du mot d’ordre de la grève annoncé pour le 21 janvier », fait savoir la même source.
Commentant l’argument avancé par la ministre, selon lequel les revendications soulevées ne relèvent pas de ses compétences, il dira : « Elle dit qu’elle est l’avocate de l’Education, alors elle n’a qu’à aller au gouvernement pour défendre son secteur. » Il enchaîne : « Nous, syndicats autonomes, n’avons pas la possibilité d’aller négocier avec le gouvernement pour lui exposer nos revendications dépassant le cadre du ministère de l’Education nationale ». En ce qui concerne la déclaration du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, précisant que seuls les syndicats ayant prouvé 20% de représentativité, peuvent appeler à une grève ou négocier, il rassure que son organisation syndicale réclame un taux de 25% dans l’ensemble des établissements scolaires. « Nous représentons 25% des travailleurs de l’Education nationale, la liste du ministère du Travail sur la représentativité ne reflète pas la réalité », indique-t-il