Dans une rencontre organisée, jeudi dernier, au Palais de la culture Malek-Haddad, le ministre de l’Agriculture, Abdelkader Bouazgui, a confirmé l’arrivée «imminente» de 400 000 doses de vaccin contre la peste des petits ruminants (PPR).

La rencontre avec les producteurs des légumes secs au niveau national, qui avait en principe comme ordre du jour les outils nécessaires pour développer un segment de la production agricole en plein essor, qui nourrit bon nombre d’Algériens amateurs de pois chiches, lentilles et autres légumes secs, a bifurqué sur l’événement de l’heure, l’épidémie de fièvre aphteuse et de la PPR.
Le ministre a saisi l’occasion pour affirmer que les éleveurs assurés ayant perdu des têtes dans ces épidémies seront indemnisés selon la règlementation régissant les assurances agricoles. Concernant les éleveurs qui n’ont pas souscrit de contrat d’assurance sur leur cheptel, «l’Etat se chargera de les indemniser», a assuré Abdelkader Bouazgui, ce qui fera grincer les dents de plusieurs éleveurs qui se sont conformés à la loi en assurant bétail, machines agricoles et bâtis. «La prochaine fois, je ne souscrirais à aucune assurance, nous dira un éleveur de Tébessa ayant perdu une trentaine d’agneaux. Chaque fois, c’est comme ça, l’Etat met sur un pied d’égalité les fellahs assurés et les autres.
C’est la dernière fois que je m’assure.» Le ministre déclarera aussi que son ministère a établi une feuille de route pour atteindre l’autosuffisance en blés durs et tendres.
«Si pour le blé dur, cela reste possible, et ça l’a été à plusieurs reprises, pour le blé tendre, et dans l’état actuel des choses, c’est impossible que l’on ait une autosuffisance», selon un cadre à la direction de l’agriculture de Batna. En effet, la production de blé dur, qui tournait autour de 34 millions de quintaux ces dernières années, a fait un bond quantitatif pour grimper à 61 millions de quintaux.
C’est ce qui ressort des chiffres avancés par le ministère de l’Agriculture. «Si la pluviométrie en 2019 serait similaire à celle de 2018, je peux vous assurer que les productions de blés et de légumes secs vont atteindre un niveau record. Nous avons multiplié les aires destinées à l’agriculture spécifiée. Et pour atteindre le but que nous nous sommes fixés, à savoir une autosuffisance en blé et légumes secs, il ne nous reste qu’à retrousser nos manches, car l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens», devait assurer le ministre. Pour en revenir aux épidémies animales, Bouazgui tranquillisera les éleveurs, notamment les plus touchés, ceux de Tébessa, Laghouat et Djelfa, en assurant avoir «fermé tous les marchés aux bestiaux pour contenir les épidémies dans leur foyer initial».
Sachant que l’Algérie dispose d’un cheptel ovin et caprin de 28 millions de têtes, beaucoup de scepticisme a accueilli la déclaration du ministre quant à «une prise en mains des épidémies».