Le froid glacial qui s’est abattu ces derniers jours sur plusieurs régions du pays a fini par faire ressurgir les scènes d’élèves qui suivent les cours en manteaux, doudounes, écharpes et autres bonnets pour affronter des salles frigorifiques où les autorités n’ont pas jugé utile d’installer le chauffage. De quoi provoquer l’indignation chez les parents, mais aussi les associations, exaspérées par l’attitude des responsables.

«En plein hiver, et de surcroît rigoureux, dans la majorité des établissements scolaires, dans plusieurs wilayas, les élèves grelottent dans des classes glaciales qui ne sont pas équipées de chauffage», relève la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh), qualifiant de «scandaleux» ce qui se passe dans ces écoles, alors que les «parents ne cessent d’attirer l’attention en interpelant les responsables concernés sur le vécu particulièrement pénible de leurs enfants», ajoute la Laddh, avant d’appeler à «une intervention rapide des autorités centrales et locales, habilitées à régler le problème des écoles sans chauffage». Touchant aussi bien les écoles primaires que les établissements du moyen et du secondaire, «cette situation influe négativement sur la scolarité des élèves ainsi que sur leur santé, alors que dans les zones isolées, plusieurs écoles se trouvent fermées en hiver à cause de l’absence de chauffage», s’indigne la même source, qui dénonce « la négligence et l’atermoiement dont font preuve certains directeurs d’établissement éducatif et certains responsables communaux». «Pourtant, l’Etat a mobilisé d’énormes moyens financiers pour améliorer les conditions de scolarisation», poursuit-elle, rappelant que des sommes «colossales» ont été débloquées durant dix années consécutives, «soit 8 000 milliards de centimes» au niveau national, uniquement pour l’installation du chauffage dans les écoles. Or, ce sont aujourd’hui 2 300 établissements scolaires en Algérie qui sont dépourvus de ce moyen quasiment vital, note la Laddh, se basant sur les statistiques des syndicats de l’Education nationale. Alors, «où va l’argent consacré par l’Etat au règlement du problème de chauffage dans les écoles ?», s’interroge-t-elle. Mais le chauffage dans les écoles n’est pas le seul à manquer à l’inventaire établi par la Ligue algérienne de la défense des droits de l’Homme. Entre «portes fracassées, fenêtres aux carreaux brisés, infiltrations d’eau de pluie, prises électriques dénudées, exposant les élèves au danger», les exemples ne manquent pas pour dresser un constat déplorable de l’état des établissements scolaires et des conditions de scolarisation des élèves en Algérie.